Road trip de 2 semaines à Kyushu

Itinéraire road trip de 2 semaines au Japon : direction Kyushu !

Même si le Japon dispose d’un réseau très efficace et incroyablement dense de transports en commun, l’utilisation des trains ou des bus n’est pas toujours suffisante pour explorer facilement certaines régions. C’est notamment le cas de Kyushu, l’île du Sud moins urbanisée. Durant mon dernier voyage, j’ai donc délaissé le train pour louer une voiture sur 2 semaines. Objectif ? Découvrir Kyushu en road trip : un choix que je ne regrette pas du tout 🚗 !

 

Road trip à Kyushu : zoom sur l’itinéraire

Pour visiter correctement chaque préfecture de Kyushu, il aurait fallu que je passe au minimum un mois entier sur l’île. Sur une période de 15 jours seulement, j’ai dû faire des choix, en privilégiant le centre-Nord et la partie Ouest, hors Nagasaki. Et même de cette façon, je suis loin d’avoir exploré ces parties de façon exhaustive, il me reste encore tellement de choses à voir ! Il faudra donc revenir pour creuser davantage et explorer le reste de l’île sur un prochain périple. Dans le détail, voici mon itinéraire :

  • la zone orangée de la première carte présente grosso modo le secteur traversé,
  • la carte d’à côté vous donne une idée de l’itinéraire suivi.

Afin de limiter la fatigue de la conduite, j’ai choisi de couper ces deux semaines en me « posant » 3 jours à Kagoshima. Cela m’a permis de dormir dans le même hôtel sur quelques jours sans devoir enchaîner la route. D’un point de vue plus pratique, la pause à Kagoshima permettait aussi d’avoir du temps pour faire une lessive, histoire de se remettre à jour sur le linge propre.

L'itinéraire en quelques chiffres
  • Durée de location de voiture : 13 jours
  • Distance totale parcourue : 1 560 km
  • Temps total de conduite : 26 heures

⛔ La surprise : c’est le temps de conduite pour la distance parcourue ! Certes, il y avait un peu de route de montagne mais ce sont avant tout les limitations de vitesse qui étonnent lors d’un road trip au Japon. Hors agglomération, nous sommes bien souvent limités à 50 km/h, seulement 80 km/h sur routes nationales rapides avec terre-plein central, et 100 km/h maximum sur autoroute.

 

Combien ça coûte un road trip au Japon ?

La location de voiture représente une grosse dépense mais comme le yen était très faible au moment du voyage, je m’en suis plutôt bien sorti. Clairement l’opération n’est pas toujours rentable financièrement pour 2 personnes par rapport à une solution classique de transports en commun. Mais on a la liberté en plus et c’est aussi un gain de temps important car j’aurais dû rester davantage de jours sur place pour voir les mêmes choses en prenant seulement le bus et le train. Sans compter que certains lieux sont inaccessibles sans voiture.

Ces tarifs sont donc ceux d’avril 2024 :

  • 🚘 Location de la voiture : 103 950 yens (Toyota Yaris essence récupérée à Fukuoka – 1 jour – 6 600 yens / puis Toyota Corolla hybride rendue à Kokura – 12 jours – 97 350 yens)
  • 🛣 Autoroute : 16 400 yens (c’est globalement le même prix qu’en France)
  • ⛽ Essence : 11 400 yens (le litre coûtait en moyenne 165 yens)
  • 🅿 Parking : 10 800 yens (je ne me suis pas encore remis des tarifs très hauts !)
  • 🚤 Traversée en ferry : 3 850 yens (entre Shimabara et Kumamoto)

Ce qui représente au total de 146 400 yens pour 13 jours de road trip à Kyushu. Comme nous étions 3 personnes, cela revient à 48 800 yens/personne, soit 287 € au taux de change durant le séjour.

Le parking au Japon : un vrai budget
Difficile d’échapper aux frais de stationnement hormis en pleine cambrousse. Et même si Kyushu reste une préfecture rurale, les frais de stationnement pleuvent. Vous ne rêvez pas : j’ai payé autant en essence qu’en parking. Une donnée à bien avoir en tête en préparant son road trip au Japon. Car on ne prévoit pas de budget parking quand on séjourne dans les Alpes ou en Normandie !

 

Le circuit jour par jour

Jours 1 à 3 : découverte de Fukuoka

Pour ce début d’itinéraire, je me suis posé d’abord 3 jours à Fukuoka pour appréhender la ville avant de louer la voiture. Je ne me sentais pas de prendre tout de suite la route sans découvrir les incontournables de cette ville qui est la porte d’entrée de l’île de Kyushu. Bien que souvent éclipsée par Tokyo et Osaka, j’ai trouvé Fukuoka très jeune et dynamique. C’est une destination qui donne envie de s’y installer pour y vivre afin de profiter des avantages de la métropole tout en ayant la campagne à portée de main.

Côté visites, j’avoue avoir fait mon « touriste de base » sur ce début de périple. Je me suis concentré sur les classiques : d’abord les quartiers de Tenjin et de Hakata, le cœur historique de Fukuoka. Le sanctuaire de Kushida, l’ancien quartier des temples et l’allée commerçante Kawabata nous donnent un premier aperçu du riche passé historique de la ville. Côté jardins, je suis passé par le parc Ohori, très agréable pour une balade bucolique. Il possède plusieurs espèces de plantes (pruniers, cerisiers, iris, azalées, glycines), ce qui permet de trouver une partie fleurie quel que soit le jour de votre passage au printemps. Pour un espace plus traditionnel, le jardin japonais au Sud du parc est de toute beauté, surtout lors de la diffusion des nuages de vapeur d’eau qui a lieu toutes les demi-heures : magique !

Fukuoka est aussi une ville agréable pour faire du shopping : le centre commercial Canal City est l’un des plus grands du Japon ! Boutiques branchées, restaurants et spectacles son et lumière en font un incontournable. Je suis monté au dernier étage pour manger au « ramen stadium », un food court qui permet de déguster plusieurs ramen typiques de la région. Aux heures du repas, il y aura un peu d’attente mais en y allant légèrement en décalé comme moi (à 13h30), il était facile de trouver une place. Au menu ? De délicieux tonkotsu ramen avec des gyoza en accompagnement bien entendu !

Enfin, la météo pluvieuse de ce début de séjour m’aura poussé à revoir mon planning pour privilégier des lieux en intérieur. Au revoir la balade en front de mer et la vue depuis la tour de Fukuoka, bonjour au musée des arts numériques teamLab Forest ! Ce petit frère des musées teamLab de Tokyo est davantage conçu pour les enfants. Je vous en parlerai plus longuement dans un prochain article, mais je me suis bien amusé. Merci la pluie !

kaleidoscope teamlab forest fukuoka

 

Jour 4 : départ, excursion à Kokura

Distance : 160 km / Durée du trajet : 3h15

Pour ce véritable premier jour de road trip, j’avais prévu un aller/retour à Kokura depuis Fukuoka. J’ai donc loué une petite voiture essence (Yaris) pour cette seule journée à l’agence Budget car rental de Tenjin, que j’ai rendue le soir même. Cela m’a permis d’économiser sur le parking le soir pour limiter la douloureuse. Plusieurs raisons m’ont conduit à découvrir Kokura : son château, son splendide parc aux glycines dans la banlieue de Kitakyushu, difficile d’accès en bus, mais aussi les retrouvailles avec mon ami Benoit, ex-Dijonnais désormais installé depuis 6 ans sur place. J’étais vraiment content de le revoir ! Côté glycines, j’ai visité les lieux autour du 20 avril mais c’était encore un peu tôt pour profiter du tunnel avec la pleine floraison. Il est préférable d’y passer plutôt fin avril.

kokura road trip japon printemps glycines

 

Jours 5 à 7 : préfecture de Saga

Distance : 300 km / Durée du trajet : 6h15

Cette fois-ci, je récupère ma seconde voiture à l’agence Toyota de Tenjin. Elle me suivra durant tout le road trip. Avec les kilomètres à avaler et le fait qu’on voyage à trois avec nos grosses valises, j’ai logiquement abandonné la petite Yaris pour louer une voiture familiale : une Toyota Corolla hybride. Même si le prix à la journée était plus cher, je ne regrette pas mon choix pour le confort et la très faible consommation en carburant.

C’est donc parti pour 3 jours dans la préfecture de Saga : cette région méconnue recèle des joyaux naturels et culturels à couper le souffle. C’est un immense coup de cœur qui se comprend rien qu’en voyant la micro sélection de photos que je publie ci-dessous. C’était un plaisir de s’arrêter sur le bord de la route pour découvrir les rizières en terrasse. Elles sont splendides ici car elles plongent directement dans la mer. Le périple s’est poursuivi à Okawachiyama, un village de potiers niché dans les montagnes, puis à Arita, une autre ville célèbre pour sa porcelaine qui dispose même d’un sanctuaire dont le torii est entièrement recouvert de faïence.

to do list préfecture de saga kyushu

Direction ensuite le Yutoku inari jinja, l’un des plus beaux sanctuaires shinto de Kyushu. Construit sur pilotis et doté d’alignements de torii vermillons comme ceux du sanctuaire Fushimi inari de Kyoto. Pour une ambiance encore plus majestueuse digne d’un film de Ghibli, c’est au sanctuaire Takeo qu’il faut aller. Devant un magnifique camphrier sacré vieux de plus de 1200 ans, on ne peut qu’avoir le souffle coupé. Autre sanctuaire atypique : Oouo jinja et ses torii flottants, véritables icônes de la préfecture. À marée basse, j’ai même pu les rejoindre pour y prendre une photo assez incroyable. Bref, Saga en 3 jours, c’était génial mais trop court !

étape road trip japon sud préfecture de saga

 

Jours 8 et 9 : péninsule de Shimabara et Kumamoto

Distance : 110 km / Durée du trajet : 3h30 dont 1h de traversée en ferry

L’autre intérêt de voyager en voiture, c’est de pouvoir grimper quand on veut vers les hauteurs pour découvrir les volcans de Kyushu. Premier de la série : le mont Unzen, réputé comme l’un des plus dangereux, toujours actif. La route qui montait au sommet était magnifique, tout comme le ryokan que j’avais réservé sur ses flancs. On y ressentait toute la puissance de la Terre qui crache en continu des vapeurs bouillantes chargées de soufre .

enfer de unzen

Au pied du volcan, la petite ville de Shimabara mérite un détour pour son histoire tragique dans la persécution des chrétiens avant la fermeture du Japon à l’ère Edo. D’ici, j’ai poursuivi ma route en traversant le détroit avec la voiture sur un ferry. Je m’inquiétais un peu de l’organisation sur cette partie du trajet mais tout s’est super bien passé, ce n’est pas plus compliqué que de prendre le métro en fin de compte. Le débarquement s’est fait à Kumamoto pour un séjour éclair d’une journée centrée sur le château et le jardin Suizenji. La ville peut facilement être explorée en transports en commun, j’ai donc privilégié la voiture pour ma destination suivante : la préfecture de Kagoshima.

 

Jours 10 à 12 : préfecture de Kagoshima

Distance : 350 km / Durée du trajet : 6h

Deuxième volcan sur le tableau de chasse : le volcan Sakurajima. Toujours très actif, il crache en permanence un panache de vapeur (non, ce n’est pas un nuage au-dessus du volcan !). Plusieurs points de vue sont réputés pour l’observer : mon préféré reste sans hésiter l’immense jardin Sengan-en.

Les alentours de Kagoshima ne sont pas en reste. Le Sud de la péninsule est de toute beauté avec son paysage tropical et un 3ème volcan magnifique qui lui, est en sommeil : le mont Kaimon. Entre champs de thé, bord de mer et sources chaudes, je peux vous dire que la région est vraiment superbe ! Le petit village de Chiran, bastion du sencha de Kagochima est une halte incontournable pour rencontrer des producteurs tout en profitant de sa riche histoire en lien avec des clans prestigieux de samouraïs.

J’ai encore une fois profité de la voiture au maximum sans trop m’attarder dans la ville de Kagoshima elle-même, celle-ci pouvant se visiter plus facilement une prochaine fois sur un séjour en transports en commun.

vue péninsule kagoshima road trip

 

Jour 13 : Takachiho

Distance : 240 km / Durée du trajet : 3h45

Takachiho est un centre important pour le shintoïsme car c’est ici que la déesse Amaterasu s’est cachée dans une grotte au yeux du monde, le privant de son soleil vital. Les autres dieux ont réussi à l’en déloger en utilisant plusieurs stratagèmes, dont des coqs : ce mythe célèbre est conté dans un spectacle de kagura qui se joue chaque soir au sanctuaire du village. C’était vraiment une belle expérience qu’il était facile de suivre en connaissant les grandes lignes du mythe (on le trouve facilement sur internet si vous n’avez pas anticipé). La grotte sacrée est également splendide.

Takachiho est enfin célèbre pour ses chutes d’eau et sa balade en barque dans les gorges. Le lieu est beau mais malheureusement victime des réseaux sociaux. Je n’ai pas forcément apprécié l’ambiance.

kagura takachiho masque izanagi

 

Jours 14 à 16 : région du mont Aso et retour à Kokura

Distance : 400 km / Durée du trajet : 7h15

La fin du périple était in-cro-ya-ble autour du mont Aso. C’est, je crois, la partie de Kyushu qui m’aura le plus impressionné par son immensité, la beauté inimaginable de ses sources chaudes, et cette impression de ressentir la puissance de la Terre.

Le mont Aso est un volcan actif très dangereux et surveillé. Un périmètre de sécurité est d’ailleurs mis à jour en temps réel. Coup de bol lors de mon passage, le volcan était calme. On a donc pu faire quasiment le tour du cratère à pied, même si les émissions de gaz restaient parfois dérangeantes. Marcher sur la crête d’un cratère actif dans un paysage lunaire et apocalyptique, c’est quand même une sacrée expérience !

cratere mont aso

Qui dit volcan dit… source chaude ! La station de Kurokawa onsen est mythique ici. Je peux vous dire que sa réputation est à la hauteur de la réalité. Le nombre de bassins extérieurs est incalculable mais surtout, les aménagements sont tous démentiels. Entourés de jardins incroyables, de belles pierres, avec la rivière en contrebas : chaque source a sa particularité qui dépasse la précédente. C’est une véritable bulle en dehors du monde qui invite à une déconnexion totale.

Avant de rendre la voiture à Kokura le dernier jour, j’avais repéré le village de Tsuetate onsen. Chaque année jusqu’au 5 mai, pour la fête des garçons, la rivière est décorée avec des centaines de carpes koinobori qui flottent au vent. Un spectacle féérique !

 

Bilan de ce road trip au Japon

Vous l’avez compris, même si la location de voiture représente un beau budget, elle permet de découvrir le Japon bien plus en profondeur qu’un voyage en transports en commun. C’était mon 6ème séjour au Japon et jusqu’à présent, j’ai toujours réussi à me passer d’un véhicule sans aucune difficulté. Mais je pense que sur Kyushu, on ferait bien trop d’impasses sans être autonome derrière un volant, sauf à disposer de beaucoup plus de temps.

Je garde des étoiles plein les yeux et m’attèle désormais à rédiger les articles plus complets pour vous présenter tous ces lieux. Mon petit doigt me dit qu’un sacré boulot m’attend, sachant que le voyage ne s’est pas arrêté là puisque 2 autres semaines m’attendaient entre Osaka, Matsue et Tokyo. Restez connectés, je vous présente tout ça très vite sur le blog 😉 !

 

 

 

 

2 commentaires sur “Itinéraire road trip de 2 semaines au Japon : direction Kyushu !

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