sanctuaire de yutoku inari sur pilotis

Le sanctuaire Yutoku inari et ses allées de torii

La boucle est bouclée ! Avec cette visite du sanctuaire Yutoku Inari, je termine mon mini-pèlerinage des 3 plus grands sanctuaires dédiés à Inari sur l’archipel. Visite d’un haut lieu incontournable à Kyushu.

 

 

1 – Une ville sanctuaire

J’avais prévu de rester une demi-journée au Yutoku inari afin de profiter de l’ensemble du site qui est assez grand. Après avoir garé la voiture sur le parking du sanctuaire vers 11h (500 yens la journée), j’ai commencé une promenade sur les abords pour trouver un endroit où manger. Comme c’est souvent le cas autour des grands sanctuaires, il y a une zone commerçante garnie de souvenirs, de produits locaux, ou de babioles pour les enfants. Et au milieu des marchands, il y a des restaurants 😋 !

Nous étions en pleine Golden week mais je suis agréablement surpris par le peu de monde sur place. L’allée typique de boutiques est restée dans son jus, dégageant une belle ambiance rétro. On sent que le temps est passé, que la population est vieillissante et que le sanctuaire n’attire peut-être plus autant de monde qu’auparavant, malgré sa renommée. Ce quartier n’est pas abandonné pour autant, mais on sent que l’activité est réduite. Les commerces sont d’ailleurs majoritairement tenus par des seniors. J’ai profité du calme pour demander conseils et acheter des sachets de thé d’Ureshino avant de chercher un restaurant.

rue commerçante Yutoku inari à Kashima

Je me suis posé chez Katokuya qui propose des sets de plats régionaux à petits prix : seulement 700 yens pour le menu le plus onéreux (voir l’adresse sur la carte en fin d’article) ! Je me suis laissé tenter par un champon ramen typique de la région de Nagasaki. La base de cette soupe est composée d’un bouillon clair de porc et de poulet, assez léger. Le bouillon est garni de nouilles de blé, de légumes sautés à la poêle, de fruits de mer et de pâte de poisson. Pour ce tarif, j’ai complété la commande avec des inarizushi, qui sont des pochettes de tofu frit chargées de riz et de condiments vinaigrés. Vu le tarif, les quantités étaient raisonnables, c’était une pause parfaite pour ne pas être trop lourd pour les visites de l’après-midi. Et pour ne rien gâcher, la salle était très belle avec une armure de samouraï et un petit jardin intérieur au fond.

 

2 – L’architecture unique du sanctuaire Yutoku Inari

Ce sanctuaire est assez récent car il ne date « que » de 1687. Il fut construit à la demande de Kazanin Manko, l’épouse du daimyo Nabeshima Naotomo qui régnait sur le domaine de Hizen Kashima tout proche. Ce fut très vite un immense succès puisqu’aujourd’hui, plus de trois millions de personnes viennent le visiter chaque année.

Architecturalement parlant, c’est une petite pépite 😍. Le bâtiment principal (honden) est perché à flanc de colline. Construit sur pilotis, il fait tout de suite penser au sanctuaire Kiyozumi-dera de Kyoto. Mais sa porte principale, richement ouvragée, rappelle plutôt le style exubérant du mausolée de Nikko. Clairement, vous ne saurez plus où donner de la tête. Les bâtiments sont impeccablement entretenus : le rouge vermillon resplendissait.

entrée du sanctuaire Yutoku inari le long de la berge de la rivière

honden du sanctuaire Yutoku inari

porte principale du Yutoku inari

prière shinto au Yutoku inari

Grimper jusqu’au bâtiment principal n’est qu’une mise en jambes. La vraie randonnée commence ensuite avec les allées de torii rouges qui nous emmènent au sommet de la colline. Ils sont moins denses et moins imposants qu’au Fushimi Inari de Kyoto, mais il produisent tout de même un très bel effet. C’est un terrain de jeu que j’adore pour les photos.

Le sentier est ponctué de portions de tunnels de torii, et de zones plus ouvertes d’autels et de statues de renards éparpillées dans la végétation. Les marches sont très irrégulières, c’est un peu sportif mais rien d’inaccessible. En début de randonnée, il y a même un bac de bâtons que l’on peut emprunter gratuitement et redéposer après la descente. Je reprends régulièrement mon souffle, ce qui me sert d’excuses pour faire des photos. Chaque pas est une nouvelle découverte ! Je suis vraiment content d’avoir fait tout le sentier, on passe à côté de quelque chose en se limitant au sanctuaire seulement.

allées de torii vermillons

statue renard messager inari

 

3 – La colline aux azalées : mauvais timing !

On peut dire que j’ai eu une poisse continue sur ce voyage pour profiter des azalées en fleurs ! Outre le sanctuaire en lui-même, je voulais venir au Yutoku inari pour sa colline aux 50 000 buissons d’azalées qui devait être un spectacle saisissant. Manque de bol, ils étaient ici en avance, les fleurs étaient déjà tombées. Alors que le lendemain à Unzen, elles étaient très largement en retard par rapport à la moyenne. La vue depuis la terrasse du sanctuaire m’a tout de même offerte quelques touches de rose, de fuchsia et de magenta, de quoi donner une idée de la carte postale attendue avec une floraison au top. Tout le pan de colline face au sanctuaire en est recouvert !

jardin d'azalées de saga

 

4 – Le beau jardin japonais du sanctuaire

En redescendant du sommet de la colline, je suis tombé par hasard sur le jardin japonais du sanctuaire. Je ne l’avais pas repéré dans mes recherches préalables avant de venir, ce fut donc une agréable découverte. Son entrée est assez mal indiquée. Pour le trouver, il faut prendre la ruelle à droite qui contourne la tour vitrée du sanctuaire (c’est l’ascenseur !). L’entrée est très modeste, presque confidentielle, si bien qu’on hésite avant de passer la porte en bambou. J’ai pointé le bout de mon nez et me suis fait encourager à entrer par une mamie qui tenait la caisse. Le ticket d’entrée n’était que de 200 yens par personne, je ne risquais pas grand chose.

Ce fut une excellente idée car ce jardin est une petite pépite qu’il ne faut surtout pas manquer ! Sa surface n’est pas très importante, mais c’est ce qui fait son charme. On repère tout de suite le taikobashi (pont rouge arqué) en son centre. Une rivière coule doucement, structurant l’espace en plusieurs zones distinctes. On retrouve une constante : des tapis de mousses magnifiques, protégées par un toit d’érables qui filtrent la lumière. La douce pénombre du couvert végétal tranche avec le vermillon écarlate des torii qui nous a éclairé toute la journée. C’est une véritable invitation au repos et à la contemplation après la visite du sanctuaire et l’effort de la randonnée. Lors de mon passage mi-mai, des massifs de pivoines commençaient à s’ouvrir, ajoutant des touches de couleurs ça et là. Petit bonus : il y a une zone avec un pavillon en bois et des bancs, ce qui est plutôt rare dans les jardins japonais. Je me suis donc assis pour profiter de toute cette verdure et du calme rassénérant qui y régnait. Une petite bulle hors du temps, qui invite naturellement à la relaxation.

pont rouge japonais dans jardin zen

jardin de mousses à Kyushu

 

5 – Pour en savoir plus

Je vous laisse quelques infos utiles pour finir sur cet immense coup de cœur à Kyushu :

  • Pour y venir, je recommande largement de louer une voiture afin de rayonner facilement dans la région. Des accès en bus restent tout à fait possibles depuis la gare JR de Hizen-hama.
  • Le sanctuaire étant très actif, je vous recommande de jeter un oeil au calendrier. Il est fort probable que des célébrations soient organisées durant votre séjour (site officiel en anglais) : https://www.yutokusan.jp/en/about/garden/
  • Ma carte habituelle pour retrouver facilement tous les lieux cités dans l’article.

 

 

 

 

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