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Visiter Chiran : la capitale des samouraïs et du thé de Kagoshima

Parmi les plus belles découvertes de ce road trip à Kyushu, je retiens sans hésiter ma halte à Chiran. Ancien fief du clan Satsuma, ce village a su préserver son architecture très particulière, totalement unique au Japon. Et pour compléter le tableau, Chiran est situé en plein cœur d’une grande région productrice de thé, ce qui en fait une destination gastronomique de premier plan. Tout pour me plaire !

 

 

1 – Venir à Chiran

Situé à la pointe Sud de l’île de Kyushu, Chiran est sans aucun doute une escale « nature ». En voiture, on met une petite heure à peine pour rejoindre le village depuis Kagoshima. Le GPS propose deux routes différentes : je vous recommande grandement de passer par le centre de l’île. Il y a un peu plus de virages (rien de méchant), mais vous longerez de magnifiques champs de thé durant une bonne partie du trajet. Pour le retour, j’avais pris la route côtière qui était moins belle. Elle était aussi embouteillée car elle relie les principales villes et agglomérations du secteur. Moins sympa pour un trajet en vacances.

trajet google maps chrian kagoshima

Plan B : rejoindre Chiran en transports en commun
Si vous n’avez pas de voiture, il est tout à fait possible d’aller à Chiran en combinant train, puis bus. Sur ce secteur peu touristique, Google maps ne vous trouve pourtant aucune solution de transports, mais elles existent ! Google n’a juste pas les données. Je vous recommande donc de télécharger l’application NAVITIME plus fiable dans ce secteur. Le trajet vous coûtera un peu plus de 1 200 yens l’aller en prenant la ligne JR Ibusukimakurazaki depuis la gare de Kagoshima-Chuo jusqu’à la station de Taniyama. Ensuite, un bus local de la compagnie Kagoshima Kotsu vous emmènera à Chiran.

 

2 – Traverser les champs de thé

La route est donc très agréable. Les paysages alternent entre cultures symétriques de théiers, forêts, collines, et… ventilateurs ! Ces derniers sont installés sur des mâts pour brasser l’air autour des champs. Lorsqu’ils fonctionnent, ils protègent les cultures en hiver en évitant que l’humidité ne stagne et gèle les feuilles. Je me suis arrêté un nombre incalculable de fois durant le trajet pour marcher en bordure de champs, pour prendre plein de photos. C’est le gros avantage de la location de voiture contrairement à un trajet en transports en commun. Le seul inconvénient, c’est qu’au lieu de mettre 1h… j’ai mis plus de 2h pour arriver à destination avec toutes ces pauses 😆. Mais je ne regrette pas, cela fait pleinement partie de la visite.

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3 – Se perdre dans le quartier des samouraïs

Implanté dans la région de Satsuma depuis l’époque Kamakura, le puissant clan Shimazu a dominé ce territoire durant un petit millénaire, rien que ça. Loin des châteaux exubérants des autres provinces du Japon, le clan a décidé de ne pas concentrer toutes ses garnisons de guerriers dans une ville centrale, mais plutôt de les disséminer dans plus de 100 fiefs répartis sur tout leur domaine. Histoire de bien occuper le terrain, mais aussi de rendre plus difficile l’évaluation de leurs forces armées (malin !). Le modeste village de Chiran était donc l’une de ces garnisons, installée dans le quartier historique des samouraïs de Bukeyashiki qui subsiste encore aujourd’hui. De nombreuses demeures ont été préservées et sont toujours très bien entretenues aujourd’hui. La rue principale est également piétonne, sans câbles électriques ni poteaux apparents : l’immersion est totale.

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Visuellement, la rue principale est vraiment unique, je n’avais encore rien vu de tel ailleurs au Japon. De part et d’autre, les habitations sont protégées par de hauts murs de pierres, surmontés de haies. Le quartier est assez grand, ce qui donne l’impression de rentrer dans un labyrinthe de roche et de verdure. C’est assez surprenant mais c’est exactement l’effet voulu par les habitants à l’époque. Ces hauts murs végétaux qui bouchent le regard, empêchent d’avoir des points de repère, sont une technique de défense pour perdre des ennemis ou des assassins à la recherche de la demeure d’une cible précise. On retrouve ce principe de construction visant à désorienter les ennemis dans le quartier de samouraïs de Kanazawa, mais l’effet est plus impressionnant ici. Les haies apportent de la hauteur et une certaine fraicheur, si bien que le village semble se confondre avec les collines environnantes. La brume qui nous enveloppait ce jour-là participait encore à cette ambiance.

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Au-delà des ruelles magnifiques, le village dispose de sept jardins construits dans l’esprit des jardins zen de Kyoto. Le village est d’ailleurs surnommé la « Petite Kyoto de Satsuma », mais je trouve que le terme est totalement galvaudé, tant la comparaison fait le grand écart. Chiran dégage une ambiance totalement différente de l’ancienne capitale impériale, il n’y a juste pas de parallèle possible. Une carte à l’entrée du village localise les emplacements des jardins. Pour vous simplifier le repérage, je vous les ai indiqués sur une carte Google en fin d’article.

Les jardins n’ont pas tous le même niveau de perfection, mais ils méritent qu’on s’y attarde. J’avais espéré que la floraison des azalées soit en plein pic pendant mon passage mais il était encore trop tôt en cette fin avril, les fleurs ne s’ouvraient que par petites touches.

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Conseil photo : visiter Chiran sous un temps gris
Venir à Chiran par un temps gris est une excellente idée ! En effet, photographier la verdure sous les nuages est préférable car ils agissent comme un diffuseur géant, créant une lumière douce et homogène. Cela élimine les ombres trop marquées et les scintillements blancs d’un grand soleil. Sans l’éblouissement des rayons solaires directs, les couleurs ne sont pas délavées : le vert gagne en profondeur, révélant toute une palette de nuances sur les feuillages.

 

4 – Déguster le célèbre thé de Satsuma

Après cette superbe visite, passons à la gastronomie ! Le village de Chiran ne servait pas seulement de lieu de garnison : les samouraïs intégraient dans leur quotidien la culture de la terre, et notamment du thé. Ce sont eux qui ont façonné les paysages. Une halte s’impose donc dans l’un des nombreux magasins de thé de la route nationale. J’ai choisi la boutique Chiran Noen car elle propose un grand choix de thés, et surtout, avec une certification biologique, ce qui reste un marché de niche au Japon. Le personnel est très accueillant : dès l’arrivée, on nous offre des tasses en dégustation de différents thés. Le piège se referme, j’avais envie de tout acheter ! En complément de mes emplettes, j’ai craqué pour une glace au matcha local qui était délicieuse 😍 !

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5 – La bonne adresse pour la pause déjeuner

Dans la suite des belles découvertes : le Cafe cochi pour le déjeuner qui était absolument di-vin ! Au-delà de sa note de 4,5 étoiles sur Google, il y avait une file d’attente devant la porte d’entrée, ce qui est toujours un bon présage. Il a fallu patienter presque 1h avait d’avoir une table, mais ce fut sans regrets ! Le restaurant est installé dans une ancienne maison traditionnelle, rénovée dans un style très cosy. Le couple de jeunes gérants propose une cuisine locale et généreuse, absolument exquise, spécialisée avant tout dans les curry. J’y ai mangé le meilleur poulet nanban de tous mes séjours au Japon (poulet frit et mariné servi avec une sauce tartare) ! Les formules tournent autour de 1500 yens ce qui est plus que raisonnable au regard du rapport qualité/prix. En dessert, je me suis laissé tenter par un moelleux au matcha : encore un sans faute. Le repas était vraiment délicieux, j’aurais tellement aimé y revenir pour goûter d’autres plats de la carte ! Cette journée a été parfaite sur toute la ligne !

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6 – Pour en savoir plus

  • Chiran propose aussi un musée sur les kamikazes de la seconde guerre mondiale car une base d’aviateurs était installée à proximité. Je n’ai pas tenté la visite car je ne savais pas comment les faits historiques y sont traités. J’ai préféré, peut-être à tort, consacrer ma journée à des découvertes plus positives autour des jardins du village et du thé. Je me le garde en tête pour une prochaine fois.
  • Les résidences de samouraïs sont gérées par une association qui les ouvre au public tous les jours de l’année, de 9h à 17h. Les billets coûtent 530 yens par personne : ils permettent d’accéder à l’ensemble des jardins. Ils s’achètent à un guichet installé juste à côté des parkings à l’entrée du village.
  • Pour plus d’infos, direction le site officiel de l’association de Chiran (japonais) : https://chiran-bukeyashiki.com/
  • Ma carte ci-dessous avec tous les lieux cités dans l’article.

 

 

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