atelier artisanal fabrication papier washi wakayama hongu taisha avec goshuin

Fabriquer son propre papier washi au Japon

Comme vous commencez à bien me connaître, vous savez que j’essaie de programmer des activités qui changent à chaque voyage, notamment avec des artisans locaux. Cette fois-ci, je vous présente un atelier authentique de fabrication de papier washi en plein cœur de la préfecture de Wakayama.

 

A la découverte du papier washi

Le papier washi est un produit traditionnel noble fabriqué depuis près d’un millénaire sur l’île. A ce titre, il a été classé récemment au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Typiquement japonais, il marque la culture nippone de manière très importante car il n’est pas seulement utilisé comme support pour l’écriture. En effet, il est employé en guise de vitrage sur les panneaux coulissants (shoji), pour la réalisation des lanternes, des éventails, de certains emballages et bien sûr, pour les pliages de style origami. C’est donc un élément majeur en architecture et en arts décoratifs, toujours utilisé de nos jours par des designers contemporains qui aiment réinventer ses usages.

lanterne japonaise nuit papier washi

L'info pour briller en société :
Le papier washi est abusivement appelé « papier de riz ». Il n’est pourtant pas fabriqué à partir de pousses de riz mais avec des fibres de mûrier à papier, le mitsumata (Edgeworthia Chrysantha). Cette plante dispose en effet de longs filaments qui, une fois assemblés, donneront une grande résistance aux feuilles de papier.

L’atelier Otonashi paper que nous avons suivi ne propose pas d’extraire les fibres de la plante. Les étapes pour obtenir la matière première sont assez longues et nécessitent une certaine technicité qu’il n’est pas possible d’acquérir le temps d’un atelier (cuisson des branches, séparation des fibres et de l’écorce, rinçage), et avouons-le, ce n’est pas la partie la plus amusante du processus. Pour cette activité, les fibres sont déjà préparées dans un bain d’eau additionné d’une substance naturelle collante, l’okra, qui servira à lier les fibres entre elles.

Sur les tiges brutes, on voit bien les fibres blanchâtres qui serviront à fabriquer le washi

 

L’atelier « Otonashi paper » à Hongu

L’atelier Otonashi paper est situé à deux pas du sanctuaire Kumano Hongu Taisha, un site grandiose emblématique de la préfecture de Wakayama.

Nous sommes accueillis en anglais par deux animatrices absolument charmantes qui débordent de bonne humeur. Parés d’un tablier, l’expérience peut commencer ! Il faut d’abord plonger un cadre de bois muni d’un fin tamis dans le mélange. On soulève ensuite délicatement le cadre en réalisant des mouvements de haut en bas pour évacuer petit à petit l’eau et orienter les fibres dans le sens vertical. L’opération est ensuite répétée une seconde fois en bougeant le cadre de droite à gauche pour aligner la seconde vague de fibres dans le sens horizontal, puis une dernière fois en tournant le cadre en cercles pour que les fibres s’agencent de manière désordonnée. Ces différentes positions vont ainsi structurer la trame du papier et lui donner plus de résistance.

Lorsque l’eau s’est suffisamment égouttée, il faut retirer les impuretés à la pince à épiler puis on nous invite à positionner des fleurs séchées sur la feuille de washi encore humide pour la décorer. Grosse pression dans le choix des couleurs pour réussir à créer un ensemble harmonieux, alors que j’ai un sens artistique proche du néant 😅.

Bon, ce n’est pas si mal que ça finalement ! Il faut maintenant retirer le papier washi du cadre (fastoche) puis le séparer du tamis sans tout déchirer. L’animatrice nous demande de coller notre bouche sur l’arrière du tamis en soufflant très fort pour décoller le washi. Sa consigne : « do a french kiss ! ». Mouais… on a dû s’y reprendre à plusieurs fois avant d’y arriver… la réputation légendaire des Français pour le baiser a pris un coup dans l’aile 😆.

retrait du washi du cadre avant séchage

C’est maintenant presque terminé : la feuille décollée est mise à sécher sur une table chauffante qui permet l’évaporation de l’eau résiduelle en quelques minutes. Pour patienter pendant la « cuisson », nous réalisons un petit marque-page en papier washi avec des tampons et des pochoirs. Là encore, c’était original et à la portée de tout le monde.

atelier tampon marque page japonais

 

Un super souvenir

Et voilà le résultat de nos œuvres : avouez que c’est plutôt sympa et gratifiant ! Cerise sur le gâteau, on peut apporter notre feuille de washi au sanctuaire de Kumano Hongu taisha tout proche et demander à un moine d’y calligraphier le goshuin du sanctuaire (sceau officiel), c’est vraiment la classe !

atelier artisanal fabrication papier washi wakayama hongu taisha avec goshuin

fleur incrustée dans papier

J’espère que cet article aura suscité votre curiosité pour cet atelier génial de fabrication de papier washi. C’était une belle rencontre et une pause bienvenue au milieu des visites classiques, et on ramène en prime un souvenir unique qui ne finira pas sur le frigo au retour avec les autres magnets. N’hésitez pas à réserver une place si vous passez à proximité 😉 !

 

Vous recherchez d’autres idées d’ateliers à faire au Japon au cours d’un voyage ? Relisez mon article sur l’atelier de dorure de baguettes à la feuille d’or de Kanazawa !

 

Pour en savoir plus :

Horaires : de 9h30 à 16h00 seulement le samedi, sur réservation par message privé depuis la page Facebook de l’atelier (écrire en anglais)

Page Facebook de l’atelier Otonashi paper https://www.facebook.com/kumano.wasi.otonashi/

Tarifs :

  • 1000 yens par personne pour une feuille de papier washi avec incrustation de fleurs séchées.
  • 300 yens par personne pour un marque-page
  • 300 yens au sanctuaire de Kumano Hongu Taisha pour la réalisation du goshuin

Durée de l’atelier : compter de 30 min à 1h, sachant que deux personnes peuvent réaliser leur feuille en parallèle.

 

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Cet article a été écrit en partenariat avec la préfecture de Wakayama. Je n’en reste pas moins libre de mon jugement et de mon opinion.

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