Quel a été mon plus gros coup de cœur durant ce road trip d’une semaine dans la péninsule d’Izu ? Le village de Shuzenji, sans aucune hésitation ! Il concentre plein de choses différentes à faire : un centre charmant, un superbe temple bouddhiste, des spécialités culinaires propres au village… Mais surtout, de magnifiques érables à tous les coins de rue 🍁. Je ne devais y rester qu’une journée, j’ai au final prolongé la visite d’une matinée supplémentaire pour profiter davantage de ce cadre de toute beauté. Dans cet article, je vous partage toutes mes expériences. A vous de piocher dedans pour créer votre propre itinéraire !
Sommaire
1 – Découvrir le village de Shuzenji
1.1 – Un village de onsens
Shuzenji est le village de onsens le plus réputé de la péninsule d’Izu puisque ses origines remontent à plus de 1200 ans. Le lieu a, de tout temps, servi de villégiature pour des écrivains et autres artistes en quête d’inspiration. Par chance, il a échappé à la folie immobilière à laquelle d’autres villages de onsens n’ont pas échappé. On y trouve majoritairement des ryokans historiques de taille modeste. Les établissements plus modernes ont quant à eux veillé à garder une cohérence architecturale de l’ensemble. Le village est donc très beau, encore plus en automne avec les érables qui l’illuminent de mille couleurs.
Le bain de pied Tokko no yu reconnaissable à sa rotonde est construit entre deux bras de rivière. La légende raconte que c’est le moine Kukai qui aurait découvert cette source. On ne peut malheureusement pas y aller, mais d’autres ashiyu à proximité permettent de se relaxer. Un peu plus loin, un majestueux pont rouge entouré d’érables flamboyants enjambe le cours d’eau. Les arbres avaient des couleurs somptueuses, et de feuilles délicates qui dessinaient une véritable mosaïque végétale. Je précise que je n’ai pas trafiqué les couleurs des photos qui suivent, c’est vraiment aussi lumineux en vrai ! J’y suis revenu à plusieurs moments de la journée pour profiter de la lumière changeante. Les photos parlent d’elles-mêmes : ce fut un énorme coup de cœur.


Il y a tant de petits détails fabuleux à observer ici ! Chaque nouveau pas invite à la contemplation. J’ai ressenti une immense sérénité dans ce lieu, et j’ai regretté d’avoir réservé une nuit dans une petite auberge de jeunesse, l’Hostel Knot. Qu’on se comprenne bien : elle était très correcte, avec des tarifs imbattables pour la région. Mais pour se relaxer pleinement à Shuzenji, je pense qu’une nuit tout confort en ryokan est un gros plus.

1.2 – La bambouseraie
Ce qui est bien avec Shuzenji, c’est que tous les lieux d’intérêts sont rassemblés dans un mouchoir de poche. Juste après le pont rouge, une magnifique bambouseraie au feuillage dense m’attend en bordure de rivière. J’ai trouvé une nouvelle fois le lieu très reposant, voire romantique. Avec le bruit de l’eau en contrebas, celui du vent dans les feuilles, l’alignement graphique des bambous ponctué de feuilles d’érables, j’avais l’impression d’être projeté dans une petite bulle hors du réel. J’ai arpenté la bambouseraie en long et en large, en prenant aussi le temps de la traverser sans y prendre la moindre photo. Histoire de ressentir pleinement le lieu, sans aucune distraction. Encore un coup de cœur !

1.3 – Le temple Shuzenji
On ne dit jamais deux sans trois, voici donc mon ultime coup de cœur pour le village. Impossible de manquer ce temple bouddhiste puisque c’est le seul. Il s’élève en face du bassin Tokko no yu. Une grosse porte marque l’entrée, flanquée d’une cloche en bronze protégée sous un pavillon. Autour des murets, partout, des érables magnifiques. Je suis littéralement conquis par la vivacité des couleurs des feuilles à Shuzenji. Le bâtiment modeste s’inscrit harmonieusement dans son environnement.



Si je suis venu spécifiquement à cette période, c’était avant tout pour profiter de l’ouverture exceptionnelle du jardin traditionnel Tokai Daiichien construit derrière le temple. Il n’est en effet ouvert aux visites que la dernière semaine de novembre, jusqu’à début décembre, au moment du pic de coloration des feuilles d’automne. C’est un véritable joyau, qui reste pourtant très discret quand on recherche des informations sur Shuzenji. Construit à flanc de colline et baigné par la lumière chaude de fin de journée, le jardin resplendissait dans une palette de verts, d’oranges et de rouges. Tout était tellement beau ! L’entrée coûte symboliquement 200 yens, alors ne vous privez pas d’y entrer !



1.4 – Le sanctuaire Hie
Je suis tombé par hasard sur ce sanctuaire en me promenant le soir. Il reste très modeste et assez commun. En revanche, c’est la première fois que je vois un distributeur automatique de plaquettes ema ! C’est finalement très pratique car j’ai pu acheter ma plaquette en plein milieu de la nuit. Le visuel est très beau, ça aurait été dommage de repartir sans !
1.5 – La truite d’Izu sous toutes ses formes
La spécialité culinaire de Shuzenji reste la truite amago, une sous-espèce endémique de la région qu’on ne trouve pas ailleurs. Le restaurant Amago chaya s’est spécialisé autour de plusieurs déclinaisons de plats à base de truite qui sont tous excellents. On ressent la fraicheur extrême du produit, c’était un délice. J’ai pu la déguster sous deux formes : sous forme de donburi, et grillé au charbon et arrosé d’une sauce sucrée salée, à la façon des plats d’anguilles. Je vous recommande ce restaurant à 200%. Attention à l’horaire de fermeture le soir, il ferme très très tôt !

1.6 – La promenade nocturne, un indispensable !
La journée est finie mais je vous recommande une dernière balade le long de la rivière à la tombée du jour. Le village est en effet mis en valeur par des illuminations qui sont vraiment réussies. Et comme la majorité des résidents séjournent dans leur ryokan le soir sans ressortir, vous aurez le village pour vous ! Je trouve que la bambouseraie est même plus belle de nuit que de jour où elle reste dans une pénombre constante. Avec les éclairages, elle reprend des couleurs. Ce fut un vrai plaisir de redécouvrir les lieux vus plus tôt en journée. Ne vous privez donc pas d’une petite balade digestive.


2 – Explorer les alentours de Shuzenji
2.1 – Les érables de l’arboretum
Situé à quelques minutes en voiture du centre-ville, ce parc regroupe plusieurs centaines d’érables réputés pour leur couleur. Pour resituer la période, ma visite s’est déroulée le 2 décembre. Alors que les momiji dans Shuzenji étaient tous à leur apogée, les arbres avaient perdu une grand partie de leurs feuilles ici. Même s’il y avait encore de beaux restes, les couleurs étaient déjà plus ternes. Après m’être garé sur le parking gratuit, j’emprunte le sentier principal qui sillonne entre les arbres. Terminus ? Le haut de la colline.

Le panorama sur le parc reste sympa, mais la vue opposée est encore plus grandiose. D’ici, on a une vue dégagée qui fait face au mont Fuji 🤩. Je ne m’y attendais pas, ce fut donc une magnifique surprise. Avec les hautes herbes sèches typiques de l’automne japonais au premier plan (qu’on appelle les susuki), j’ai pu faire de belles photos de Fujisan. J’ai ensuite profité de la vue, posé sur un banc pendant de longues minutes. C’était tellement beau et relaxant !

2.2 – Visiter une ferme de champignons shiitakes bio
Accessible avec une voiture de location, cette ferme offre une expérience de visite très complète. Au-delà de la visite classique des installations, vous pouvez y cueillir vos propres shiitakes, puis les manger sur place en les cuisinant sur un barbecue. C’est ce que j’ai fait, et j’en garde un super souvenir que je vous ai déjà partagé sur le blog dans mon article : Visiter une ferme de champignons shiitakes bio à Izu. Idéal quand il pleut ! C’est aussi une bonne idée avec des enfants, il y a un côté ludique qui permet de faire une pause dans les enchaînements de visites culturelles.
2.3 – La cascade Asahi
Au milieu de toutes ces découvertes idylliques, il fallait bien tomber sur un flop. J’avais vu de belles photos de la cascade d’Asahi sur internet en préparant le voyage. Mais en ce début du mois de décembre, la source était quasiment à sec. Un maigre filet d’eau coulait à la place d’un large éventail d’eau. J’étais forcément déçu mais en regardant plus attentivement les roches désormais apparentes, on pouvait voir les sections des orgues basaltiques en forme d’hexagone. C’est assez surprenant car la paroi ressemble à un mur de pierres qui aurait été construit. Pourtant, le site est bien 100% naturel : cet agencement des roches est typique du sommet d’un ancien volcan, aujourd’hui érodé. Ne manquez pas les panneaux explicatifs en anglais juste à côté qui expliquent la formation de la péninsule d’Izu, ainsi que l’érable immense au début du sentier.

C’est sur ce point que s’achève cet article. J’ai vraiment adoré ce passage à Shuzenji en automne ! Même si le village reste côté, facile d’accès depuis Tokyo, il ne s’est pas transformé et parc d’attraction. Vous pouvez compter une journée entière pour profiter du village et des environs, avec ma recommandation d’y dormir une nuit pour apprécier un séjour en ryokan. C’est une destination petite mais vraiment complète qui mérite qu’on prenne le temps de l’apprécier sans courir.


