La ville d’Atami était la première étape de mon road trip d’une semaine dans la péninsule d’Izu. Cette station thermale millénaire construite en bord de mer a une belle réputation qui la précède. Je l’ai donc intégrée tout naturellement à mon circuit mais j’en garde un souvenir mitigé, avec des expériences inégales. Pas de regrets quoiqu’il en soit !
Sommaire
1 – Accéder et se déplacer à Atami
🚅 La ville d’Atami est aux portes de Tokyo. En shinkansen, le trajet ne dure que 45 min depuis la gare centrale de la capitale, et coûte 3 740 yens (tarif septembre 2026). C’est parfois le temps de transport en métro que l’on met entre deux stations dans Tokyo intramuros !
🚂 Si vous avez un petit budget, et davantage de temps, vous pouvez prendre la ligne JR Tokaido qui mettra 1h45 contre 2 090 yens. Pour ma part, j’ai pris l’option « shinkansen » pour maximiser le temps sur place.
🚶Atami est construite dans une anse en bord de mer au creux de laquelle se rejoignent trois rivières qui descendent entre des vallons étroits. Autant dire que le paysage est très escarpé. La gare se situe, elle, dans les hauteurs. Il faut donc vous attendre à faire de la marche avec du dénivelé. Une fois en bord de plage, le centre-ville est plutôt plat mais bon nombre de lieux intéressants nécessitent de la grimpette. Il existe un réseau de transports en communs que je n’ai pas trouvé très performant, que ce soit sur la fréquence horaire ou le tracé dans la ville.
🚗 J’ai donc opté pour la location d’une voiture. Elle me servira ensuite pour la semaine en road trip dans la péninsule. Sans véhicule, je n’aurai clairement pas pu visiter sereinement l’ensemble des lieux de cet article en une journée. Sans véhicule, j’aurai dû étaler le planning sur une demi-journée supplémentaire au minimum.

2 – Le sanctuaire Kinomiya
C’est le sanctuaire principal de la ville, célèbre pour son camphrier géant vieux de plus de 2000 ans. Si on en fait entièrement le tour, la légende prétend qu’on gagne une année de vie supplémentaire. Une promesse qui ne se refuse pas !
Le sanctuaire Kinomiya est enclavé entre la ligne de train, la route, et les contreforts de la colline. Il n’est donc pas grand mais semble charmant à première vue. Une station de train jouxte son entrée principale, ainsi qu’un parking microscopique qui doit être rapidement bondé le week-end. L’entrée est marquée par un grand torii vermillon, et se poursuit par une allée dense de bambous. Une clairière entourée de pavillons shintoïstes s’ouvre ensuite sur l’arbre sacré, grandiose.
L’espace est malheureusement envahie par un arsenal d’installation mercantiles. On trouve plusieurs boutiques achalandées comme à Disneyland, des cafés modernes dans le style de Starbucks avec une carte complète, et même des spots spécialement indiqués pour les selfies. Avec tout cet attirail touristique et tape-à-l’œil, le lieu est évidemment très fréquenté, davantage par un public en recherche de contenu pour les réseaux sociaux que pour la beauté du lieu. Je ne me suis donc pas attardé dans ce sanctuaire, l’ambiance ne correspondant pas vraiment à mes attentes en voyage.

3 – Le musée d’art d’Atami
Le musée, perché au-dessus d’une haute colline, domine tout le front de mer. Pour cette visite, je vous recommande 1000 fois la voiture. Attendez-vous simplement à faire ronfler le moteur car certaines portions de la route affichent un dénivelé à plus de 12%. Ce musée m’a attiré pour l’expérience globale qu’il propose. Son architecture brutalisme, sa collection de pièces uniques, son jardin japonais et ses cafés promettaient une visite variée que j’imaginais riche.
L’entrée est grandiose car on emprunte une succession de plusieurs escalators gigantesques qui nous emmènent au bâtiment principal au sommet de la colline. Une fois sur place j’ai commencé par profiter de la vue sur la baie, vraiment splendide. De nombreuses baies vitrées mettent le panorama en valeur. On peut aussi accéder à une terrasse à l’extérieure qui conduit ensuite au jardin japonais, splendide en ce début décembre. Les érables avaient perdu leurs plus belles feuilles mais il y avait encore de beaux restes. Côté musée, on y trouve des œuvres remarquables bien que les salles brillent davantage pour leur vide que pour la densité des pièces exposées. Dommage, j’aurai aimé en voir davantage encore.




4 – Les illuminations du jardin « Atami plum garden »
Pour clore la journée, j’ai fait un saut au jardin « Atami plum garden » qui propose un parcours illuminé à la tombée de la nuit. C’est un très beau spot pour voir les momiji 🍁. Malheureusement, la balade n’a pas été très zen. Le jardin est longe l’une des routes principales menant à la ville, et une ligne de train. On entendait donc le bruit incessant de la circulation depuis n’importe quel point du parc. Les arbres étaient beaux mais il manquait cette petite touche de calme et de déconnexion que j’aime tant dans les jardins japonais.

5 – L’ambiance rétro de la ville
Comme nous étions hors période touristique, tous les restaurants que j’avais repérés en avance étaient… fermés. La loose ! Pas un piéton en ville passé 20h, c’était très surprenant vu la taille de la ville. Le dîner s’est fini par dépit au Mac Do sur le parvis de la gare.
Je ne comptais pas finir la journée sur cette déception. J’ai donc entrepris de me promener dans le centre-ville en soirée, réputé pour son charme rétro. Et je dois dire que je n’ai pas été déçu du tout ! Des volutes de vapeur sortaient de plusieurs bouches métalliques sur la route, créant une ambiance mystérieuse. Une fois arrivé sur le front de mer, la plage et les palmiers prenaient davantage des airs de village vacances de Floride. Les quartiers autour donnent l’impression quant à eux d’être bloqués dans les années 1980, avant l’éclatement de la bulle immobilière. J’y ai pris de belles photos tout en mangeant ma glace Häagen-dazs au matcha.



6 – Atsuo, la mascotte de la ville
La mascotte officielle créée par l’association des ryokan d’Atami m’a laissé… perplexe. Atsuo est un « adorable petit vieillard » qui s’est installé à Atami après y avoir fait de nombreux voyages d’entreprise dans sa jeunesse. Conquis par la ville, il s’est transformé en mascotte et n’est plus jamais reparti.
La cible est clairement celle des salarymen, des voyages d’affaires décomplexés, des week-ends de détente et de fête loin de Tokyo. Je lui trouve un côté « vieux pervers lubrique et alcoolique » qui me dérange, encore plus quand on voit certaines photos de la mascotte sur Instagram. C’est très personnel mais je n’ai pas du tout accroché à cette promotion touristique dépassée de nos jours.

7 – Mon hôtel à Atami
J’ai fait un très bon choix pour l’hôtel que je vous recommande les yeux fermés. J’ai séjourné une nuit au Prince smart inn Atami, situé juste à côté de la gare mais aussi de l’agence Toyota dans laquelle j’ai loué la voiture. La chambre était plus spacieuse que la moyenne au Japon, bien insonorisée, et les lits étaient confortables. L’aménagement était relativement sommaire mais pour une nuit, c’était bien suffisant. Le tarif était surtout très intéressant : 65 € la nuit pour deux personnes ! Imbattable à Atami, car la ville propose avant tout des nuitées en ryokan qui dépassent allègrement les 150 € minimum.

8 – Donner une seconde chance à Atami
Ma visite d’Atami est terminée. Je reste donc assez mitigé sur cette journée. Certains sites valaient le coup, mais il m’a toujours manqué un petit quelque chose pour pleinement les apprécier. J’aimerai donc revenir une prochaine fois, dans d’autres conditions :
- 🌞 prévoir un séjour en haute saison (au printemps ou en été), pour profiter d’une ville plus vivante et en pleine activité
- 🌊 séjourner dans un ryokan avec vue sur la mer
- 🏖 passer plus de temps sur la plage et dans le centre en journée
- 🏡 visiter la résidence historique Kinkaku et profiter de son kissaten.



