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Sankei-en, le jardin de Yokohama

Lorsqu’on parle de la ville de Yokohama, on pense inévitablement à son quartier chinois populaire, ou à ses docks ouvrant sur le Pacifique, véritables plateformes économiques du Kanto. Pourtant, cette géante de béton de près de 3,7 millions d’âmes cache contre toute attente un beau jardin trop souvent oublié par les touristes de passage : le parc Sankei-en. C’est dans cet écrin de verdure que je vous emmène en balade aujourd’hui.

 

Sankei-en, un parc récent né sous l’ère Meiji

Fait rare au Japon, le jardin Sankei-en n’a pour une fois aucune relation avec l’histoire d’un temple bouddhiste. Il a en effet été construit au début des années 1900 par Hara Sankei, un homme d’affaires qui a fait fortune dans le commerce de la soie après l’ouverture du Japon sur le monde extérieur. Il utilisa donc une partie de sa richesse pour édifier ce jardin au Sud de la ville dans un esprit de philanthropie (ou de démonstration ostentatoire, l’histoire ne le dit pas !) car dès son ouverture en 1906, une grande partie de l’espace était accessible au public. Seule une section limitée du jardin lui était dédiée pour ses usages privés, désormais ouverte à tous puisque la propriété du jardin a été transférée à la ville de Yokohama.

Accéder au site se méritait lors de ce voyage en automne 2017, mais je suppose que les choses se sont améliorées depuis. Si rejoindre le port et le centre de Yokohama est très facile, on ne pouvait arriver au jardin que par une unique ligne de bus dont seul le plan était traduit en anglais. Résultat des courses : ce n’était pas simple de s’orienter. Tous les arrêts n’étaient pas mentionnés sur le plan, les annonces à bord restaient en japonais, tout comme les panneaux à chaque stop. La ligne s’enfonçait rapidement dans des quartiers résidentiels si bien que j’ai eu très vite l’impression d’être dans une mauvaise direction. Par sécurité, j’ai préféré suivre notre avancée sur le GPS en descendant au premier arrêt qui me semblait à proximité, pour être sûr de ne pas manquer le jardin. C’est sûr, on ne trouvera pas une horde de touristes à l’intérieur !

 

Un écomusée nippon

En entrant dans le jardin Sankei-en, on remarque tout de suite la grande pagode qui surplombe l’étang depuis son promontoire. C’est un vaste espace ouvert qui invite de lui-même à la balade. Après cette épopée de 1h30 en transports en commun depuis notre logement à Tokyo (Asakusa), l’ambiance calme et paisible des lieux ne nous a pas fait regretter le trajet. Je me suis posé à côté des chats du quartier pour récupérer un peu, m’imprégner de cette quiétude, prendre le temps d’observer le panorama et le travail des jardiniers avant d’arpenter les sentiers.

entrée yokahama jardin sankei en

jardinier taille pin japonais sankei en

Plutôt qu’un jardin typique “zen”, Sankei-en est davantage un beau parc paysager agrémenté de 17 bâtiments historiques classés qui ont été démontés, déplacés puis reconstruits, principalement depuis Kamakura ou Kyoto. La pagode provient par exemple du temple Tomyo-ji de Kyoto. La visite est donc très intéressante car on passe en quelques minutes d’un bâtiment avec une architecture traditionnelle religieuse, à une maison typique de la préfecture de Gifu (Alpes japonaises) utilisée pour la production des vers à soie. On pouvait même rentrer dans de nombreuses salles pour mieux découvrir les intérieurs meublés.

Sans surprise, l’ancienne partie privée réservée à la famille Sankei est la plus remarquable. La beauté de la villa posée en bordure de l’étang en dit long sur la richesse accumulée par l’industriel. Cette partie du parc vaut le détour à elle seule !

villa sankei yokohama

Comme souvent, je me suis amusé à prendre tout un tas de détails en photo, comme ce poteau découpé selon la forme de la pierre sur laquelle il repose. La maison entière était construite ainsi : aucune fondation, juste un empilement ajusté au millimètre avec le terrain ! J’aime ces jeux de lumière, la couleur du bois, les lignes directrices, tous les plans successifs entre lesquels l’œil navigue et se perd.

Le jardin extérieur dispose également d’un petit restaurant dans lequel on s’est arrêtés le midi pour se réchauffer. Tenu par des mamies heureuses de nous accueillir, c’était un repas simple et savoureux, avec une délicieuse formule onigiri et soupe udon pour quelques centaines de yens 🍜, et tout était fait maison. Il ne manquait plus que l’œuf soit mariné à la sauce soja pour que ce soit parfait.

bol udon restaurant intérieur jardin sankei en yokohama

 

Vous l’aurez compris, je me suis régalé lors de cette visite, et pas qu’avec l’estomac ! A noter que le jardin Sankei-en touchera davantage les amoureux de l’architecture que les jardiniers amateurs. Pour profiter au mieux de sa partie végétale, je vous recommande plutôt de programmer une visite au printemps, ce qui permettra de voir les cerisiers fleuris sur le pourtour de l’étang, ou plus tard pour l’éclosion des parterres d’iris.

 

En savoir plus

Pour savoir quoi faire en une journée de visite à Yokohama, direction l’épisode 5 de mon podcast “Tabibito – voyageurs du Japon” disponible dans le lecteur ci-dessous (ou sur les plateformes d’écoute) :


Site officiel du jardin (anglais) : https://www.sankeien.or.jp/en/

Site officiel des transports en commun de Yokohama (anglais) : https://www.city.yokohama.lg.jp/lang/residents/en/bus-subway/default20200310.html

Pour davantage d’information sur la jungle des tickets et pass des transports en commun du secteur (anglais) : https://www.yokohamajapan.com/fr/information/discount-tickets-passes/

Je vous réoriente enfin vers mon article si vous attendez des conseils sur l’utilisation des différents pass disponibles sur le réseau ferré au Japon.

 

Pour retrouver facilement, cet article, épinglez-le sur Pinterest !

 

 

 

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