La ville de Kumamoto est surtout connue pour son château, toujours en reconstruction depuis le séisme de 2016. C’est clairement l’un des plus impressionnants du Japon et il mérite le détour. Mais les voyageurs trop pressés ont tendance à manquer un autre lieu important : le jardin Suizen-ji Jojuen. Je vous emmène arpenter ses sentiers pour une bonne dose de verdure.
Sommaire
1 – Plus qu’un jardin : un voyage en miniature
La première chose à savoir sur Suizen-ji, c’est que ce n’est pas « juste » un jardin japonais comme les autres. C’est en réalité une représentation miniature de la route du Tokaido, cet axe mythique qui reliait Edo (l’ancienne Tokyo) à Kyoto. Pour les seigneurs de l’époque qui devaient alterner leur vie entre leur province et Edo (système imposé par le shogun pour éviter de nouvelles guerres entre clans), le Tokaido représentait un voyage long, coûteux, mais régulier et nécessaire. Toutes ces personnes jetées sur les routes ont paradoxalement posé les premières bases… du tourisme au Japon !
La célèbre série d’estampes de Hiroshige (les 53 stations du Tokaido) est ainsi née de ces voyages : chaque estampe représente une carte postale romancée des étapes rencontrées sur la route. D’ailleurs, si vous ne savez pas quoi faire cet été, je vous invite à visiter la maison de Claude Monet à Giverny qui expose la collection d’estampes de l’artiste. Elle comporte de belles éditions de la série de Hiroshige.
Mais je m’égare, revenons à notre balade à Suizen-ji 😅 ! Le jardin a donc été commandé par le clan Hosokawa qui régnait sur la province de Higo (anciennement Kumamoto). Les paysagistes ont souhaité reproduire les 53 étapes du Tokaido à l’échelle du promeneur. Tout comme dans la vraie vie, un élément majeur attire l’oeil dès le premier regard : le mont Fuji ! Sauf que celui-ci est couvert de pelouse. Note à moi-même : je compatis avec les jardiniers en charge de la tonte quand je vois la pente !

2 – En route sur le Tokaido !
En visitant le jardin, j’avais imaginé pouvoir apprécier chaque étape du Tokaido depuis des points très précis, mais ce n’est pas exactement le cas. En effet, au-delà de quelques éléments ressemblants, il ne faut pas chercher une cartographie exacte des 53 relais. Le jardin propose plutôt une balade symbolique du Japon tel qu’on le parcourait à l’époque, et non pas une vraie reconstitution. J’ai trouvé qu’il était objectivement très beau, mais comme je m’attendais à davantage d’immersion sur place, je n’ai pas pu m’empêcher de rester un peu sur ma faim.
Le parcours circulaire débute donc par un pont en pierre qui rappelle celui de Nihonbashi à Edo. C’était le point de départ des grandes routes reliées à la capitale. On avance ensuite sur le sentier principal qui nous conduit à un mont Fuji artificiel, recouvert de pelouse. La vue est vraiment très belle, quel que soit l’angle ! Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi haut et aussi pentu. Le détail est poussé assez loin car ce n’est pas un cône lambda : le design reprend bien le visuel des pentes du volcan qui forment une cuvette sur l’un de ses versants. C’est pour moi le point culminant du jardin.

Les sentiers se poursuivent derrière le mont Fuji pour passer entre des collines qui simulent les cols à traverser, notamment celui de Hakone. Enfin, la dernière moitié du parcours est bordée de pins. Elle longe l’étang central qui évoque le lac Biwa, proche de Kyoto. Cette partie est plus simple, moins impressionnante. Le mini Fuji nous en met tellement plein la vue, que le reste du jardin, plus classique, semble presque banal. J’ai tout de même bien apprécié la balade car il y avait plein de vie lors de mon passage : carpes koï, hérons, tortues… tous les animaux emblématiques des jardins japonais sont réunis.



3 – Un sanctuaire dans le jardin
Une fois faite la balade « classique », je me suis arrêté au sanctuaire Izumi, construit dans l’enceinte même du jardin. C’est assez rare de voir un sanctuaire aussi grand dans un jardin de promenade. On trouve habituellement des petits autels, tout au plus. Ce sanctuaire vénère les six générations de la famille Hosokawa comme divinités principales, mais aussi d’autres divinités. Avec ses multiples casquettes, il est censé apporter la santé, la prospérité commerciale et la réussite scolaire. C’est donc un lieu très fréquenté par les habitants de Kumamoto puisqu’il peut répondre à quasiment toutes les préoccupations !
J’apprends que le sanctuaire est assez récent, car il date de 1877. Il a été construit après la rébellion de Satsuma (la dernière guerre civile, qui a inspiré Le Dernier Samouraï), pour honorer les seigneurs disparus. Le sanctuaire a ensuite souffert pendant la seconde guerre mondiale, avant d’être restauré dans les années 1970. C’est donc un lieu plutôt récent par rapport aux autres lieux shinto qu’on a l’habitude de croiser.


Les bâtiments sont assez simples. Je ne me suis donc pas trop attardé, préférant passer plus de temps à (re)vadrouiller dans les allées. Le jardin accueille également une ancienne maison de thé coiffée d’un toit de chaume, et un théâtre nô toujours utilisé pour des représentations. De beaux bâtiments qui structurent le jardin.


4 – Informations pratiques pour visiter Suizen-ji
🚋 Transports en commun
Depuis la gare centrale JR de Kumamoto, le tram est la solution de transport la plus pratique. Il faudra descendre à l’arrêt Suizenji Park situé sur la ligne A, puis marcher environ 5 minutes à pied pour rejoindre l’entrée. Si vous avez prévu de visiter plusieurs sites dans la journée, les pass de tramway de Kumamoto peuvent être vite rentabilisés, car ils donnent droit à de petites réductions d’entrée sur plusieurs sites, dont Suizen-ji. Vous avez une version « pass un jour » ou une autre « pass 24h », légèrement plus chère, qui est valide depuis son heure d’activation jusqu’au lendemain, même heure. Il faut calculer selon vos activités mais le pass 24h est souvent plus intéressant.
🚗 Parking
Si vous êtes en voiture de location comme moi, plusieurs grands parkings sont implantés autour du jardin. Le tarif du parking est de 500 yens pour la journée, ce qui reste correct. Comme Suizen-ji est en périphérie de Kumamoto, c’est une étape « logique » à intégrer à votre circuit dans la préfecture, notamment si vous allez aux gorges de Takachiho, ou au mont Aso.
🕔 Horaires et tarifs
Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h00. Le billet coûte 500 yens (hors réduction avec le pass de tram).
🎭 Activités
Le jardin propose de nombreuses fêtes et cérémonies tout au long de l’année. Je vous recommande donc de jeter un oeil au programme du site officiel pour vous renseigner avant votre passage. Une petite rue commerçante fait également face à l’entrée du jardin. On y trouve quelques échoppes locales historiques où grappiller un snack ou des souvenirs avant ou après la visite.

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Bonjour,
Je vous adresse un grand merci.
Je ne pourrai jamais aller au Japon mais grâce à vos photos, j’éprouve un immense plaisir à m’immerger dans tous les lieux que vous faites découvrir.
Bien sincèrement.
Oh oui, le jardin Zuizen ji est splendide, un joli dédale dans la géographie du Japon et le pavillon de thé termine magnifiquement la visite… En novembre un vrai spectacle de familles en kimono pour accompagner les enfants honorés pour leurs 3, 5 ou 7 ans…
Kumamoto offre bien des trésors.
🙏
J’y suis allé en mai, j’imagine que le parc doit être splendide avec tous les enfants en tenue traditionnelle pour ‘es celebrations de shichi go san en novembre !
Bonjour Anne-Claire, merci beaucoup pour votre message, je poursuis la rédaction avec plaisir sur le blog ! Très heureux de lire que cet article vous a fait voyager quelques instants 😊. Prenez soin de vous !