torii géant de oyunohara à kumano hongu taisha - final de la randonnée

Mes randonnées à Wakayama

Prendre un bon bol d’air après avoir arpenté Tokyo et Kyoto, ça vous tente ? Bienvenue sur les sentiers millénaires de Wakayama, perchés sur les montagnes de la péninsule ! Une occasion simple de se ressourcer, loin de l’agitation de la mégalopole japonaise.

 

Zoom sur les circuits de randonnée à Wakayama

Je vais être très rapide dans ce paragraphe car j’ai déjà écrit un guide complet pour vous présenter les sentiers de Wakayama (aussi dénommés Kumano kodo). Pour résumer, nous avons choisi de parcourir plusieurs sections du sentier Nakahechi, le plus fréquenté.

zoom nakahechi

Le chemin se découpe en plusieurs tronçons que l’on peut faire facilement de manière indépendante. En effet, il est jalonné par plusieurs arrêts de bus, ce qui permet d’aller à son rythme et de ne pas forcément s’engager dans plusieurs jours de marche continue. Nous avons donc opté pour les deux sections les plus emblématiques :

  • De Takijiri-oji à Takahara : il s’agit du début du sentier à l’Ouest (portion verte sur la coupe des dénivelés ci-dessous).
  • De Hosshinmon-oji à Oyunohara : la seconde extrémité du sentier marque l’arrivée au sanctuaire de Kumano Hongu taisha et de son torii géant spectaculaire (portion finale jaune).

 

carte nakahechi kumano kodo

 

De Takijiri-oji à Takahara

Un peu d’effort !

Takijiri-oji est un point important car il marque officiellement le passage vers les monts sacrés, la terre des dieux. Aujourd’hui, cette halte routière composée de quelques bâtiments en bordure de rivière ne paye pas de mine. Pourtant, le lieu est chargé d’histoire et nous allons faire un petit retour en arrière de quelques millénaires pour le comprendre 🕝 !

Le couple divin créateur de la nation japonaise est représenté par Isanagi (le père) et Izanami (la mère). A la mort de sa femme, Izanagi entreprit de la rejoindre dans le monde des morts mais il ne put s’empêcher de regarder sa défunte épouse malgré l’interdiction qu’elle lui avait lancé. Horrifié de voir le corps de sa femme en décomposition avancée, il s’enfuit en l’abandonnant à son triste sort. Il se purifia dans la rivière ici, à Takijiri-oji, et les impuretés qui quittèrent son corps donnèrent naissance à un grand nombre de divinités dont la célèbre déesse du soleil Amaterasu.

Le sentier démarre de l’autre côté de la rivière, après le torii de pierre de Takijiri-oji. La pente qui nous fait face donne tout de suite le ton, ça va grimper sec : le chemin est en ligne droite et nous emmène directement au plateau.

C’est donc parti pour 300 mètres d’ascension sur des marches naturelles sculptées par les racines des arbres, et consolidées par endroits avec de grosses pierres. C’est un peu physique, mais pas compliqué. On prend notre temps pour souffler et saisir en photos cette nature sauvage qui s’éveille tout juste au printemps.

cerisier japonais sauvage

Le sommet pointe enfin le bout de son nez à Tsurugi sutra mound, identifiable par un amas de pierres sèches un peu bancal. Ce tertre recouvre en fait des sutras (textes bouddhistes sacrés) écrits par les pèlerins et enterrés dans des coffrets métalliques. On rajoute notre petite piécette en passant et on reprend notre route pour arriver au hameau de Takahara : la pause déjeuner sera bien méritée !

Notre adresse : Kiri-no-sato, un établissement avec un point de vue superbe sur la vallée. Il est possible d’y dormir mais on y a juste pris le repas le midi. Le patron, Jian-san, cuisine avec des produits locaux et bio et nous a proposé une tempura très originale. Avant de le quitter, je lui ai transmis le bonjour de mon ami Alex du blog Nihonkara. C’est lui qui m’avait donné cette adresse car il y a travaillé pendant son PVT. Pour retrouver son expérience dans ce ryokan, suivez ce lien !

Takahara viewpoint

Plus d’infos sur ce parcours :

  • Distance : 3,9 km
  • Durée : 2h30 en prenant le temps de profiter des paysages et de l’environnement.
  • Difficulté : moyenne
  • Accès : bus depuis Kii-Tanabe. Pour le départ, descendre à l’arrêt Takijiri. Pour le retour, le bus ne passe pas au hameau de Takahara, il faut redescendre par la route dans la vallée pour rejoindre l’arrêt Kurisugawa (compter 40 min). Possibilité de retourner au point de départ à Kii-Tanabe, ou de poursuivre vers le sanctuaire de Kumano Hongu taisha.
  • Site officiel sur cette randonnée (français) : http://www.tb-kumano.jp/fr/kumano-kodo/nakahechi/takijiri-oji-to-tsugizakura-oji/#takijiri-takahara

 

De Hosshinmon-oji à Oyunohara

La randonnée à ne pas manquer

Gros coup de cœur pour cette seconde portion, facile physiquement, et qui propose un final grandiose avec sa vue sur le torii géant de Oyunohara. Le sentier débute juste à côté de l’arrêt de bus. Passé l’habituel torii, la forêt qui nous attend est plus luxuriante que sur le sentier précédent. Chaque virage nous dévoile un nouveau tableau verdoyant avec ses sous-bois recouverts d’épais tapis de fougères. L’environnement qui nous entoure est tellement beau et préservé qu’on marche sans vraiment s’en rendre compte, d’autant plus que la piste est quasiment plate. Les passages pavés sont mes petits chouchous, je les trouve tellement photogéniques 📸 !

chemin de randonnée fushigami-oji

La forêt finit par s’éclaircir en débouchant sur un hameau. De nombreuses maisons semblent à l’abandon, on sent clairement que la zone est en dépeuplement. L’environnement pour un randonneur est superbe mais je mesure bien que les conditions de vie doivent être difficiles ici, surtout en hiver. Pas un konbini en vue (supérette), un réseau de transport en commun quasi-inexistant : c’est le grand écart avec l’axe Tokyo-Osaka où on trouve un shinkansen toutes les 5 min aux heures de pointes. A la place, les agriculteurs du coin déposent leurs légumes en libre-service dans une petite cabane. Chacun est libre de prendre ce dont il a besoin et de payer le prix indiqué en déposant sa monnaie dans une petite caisse métallique. Je profite de cette atmosphère bucolique en me disant qu’au rythme où vont les choses, il y a de grandes chances pour que la zone devienne un village fantôme dans une dizaine d’année.

Nous arrivons maintenant à Fushiogami-oji, un point culminant qui révèle un large panorama sur le sanctuaire de Kumano Hongu Taisha que nous visiterons dans l’après-midi. Le torii géant de Oyunohara implanté dans le lit de la rivière marque un nouveau territoire divin et l’arrivée dans le premier des trois grands sanctuaires de Kumano. Après toute cette marche, je comprends que de nombreux pèlerins de l’époque Edo s’écroulaient de fatigue, en pleurs et touchés par la beauté de la vue. Nous sommes restés de longues minutes à contempler le paysage (il manquait juste un banc) !

On décide ensuite de reprendre la marche pour entamer la descente à proprement parler. Quelques champs de thé nous accompagnent jusqu’au sanctuaire avant que la forêt ne reprenne ses droits.

Point de vue sur oyunohara

Le sentier nous emmène directement sur le sanctuaire de Kumano Hongu taisha puis se poursuit jusqu’au grand torii de Oyunohara qui marque l’emplacement historique du sanctuaire. D’importantes inondations en 1889 ont détruit complètement le site ce qui obligea les autorités religieuses à transférer les bâtiments du sanctuaire sur leur implantation actuelle. Seul le grand torii marque aujourd’hui les fondations du sanctuaire. Je peux vous dire qu’on se sent vraiment petit à côté : 34 m de haut, 42 m de large, pour 170 tonnes (il n’a été reconstruit que récemment en acier).

torii géant de oyunohara à kumano hongu taisha - final de la randonnée

Et un petit passage le soir permet de le voir illuminé. Autre moment, autre ambiance !

Plus d’infos sur ce parcours :

 

Bon à savoir
Les fréquences de rotation des bus sont très faibles dans cette partie du Japon. Il faut compter en moyenne de 2 à 10 navettes par jour seulement selon les lignes. Vérifiez bien les horaires !

 

Cet article arrive maintenant à son terme. J’espère que vous oserez arpenter une partie des sentiers de Wakayama pour découvrir un Japon bien loin des brochures touristiques et qui n’attend qu’à être exploré !

 

Pour se repérer :

 

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