Tokyo Skytree : la tête dans les nuages !

Pour prendre toute la mesure de l’étendue de Tokyo et de son agglomération tentaculaire, les nombreux observatoires de la ville offrent des points de vue à couper le souffle. Parmi ceux-ci, le dernier né en 2012, la Tokyo SkyTree Tower, est sans nul doute le plus impressionnant. Rencontre avec « l’Arbre du Ciel Tokyoïte ».

Si tu captes plus, ce n’est pas qu’à cause des tunnels !

A l’origine de sa construction se trouve une problématique toute simple : la Tour de Tokyo, réplique rouge et blanche de la Tour Eiffel de Paris, est chargée depuis les années 1960 de transmettre les signaux des émissions radiodiffusées mais connait depuis quelques temps des phénomènes de brouillage d’ondes qui deviennent problématiques. En effet, la construction de gratte-ciels autour de cette première tour perturbe de plus en plus la propagation des signaux. Les grandes chaînes de télévision se sont donc associées au début des années 2000 pour construire une nouvelle antenne plus haute et dans un environnement plus dégagé.

Une tour géante entre tradition et modernité

Les promoteurs ont voulu que la tour soit un trait d’union entre modernité et traditions. Avec ses 634 mètres, elle est le deuxième édifice le plus haut du monde, juste derrière le Burj al Khalifa à Dubaï ! Le terrain choisi étant relativement petit, la base de la tour repose sur une surface ridicule mesurant seulement 60 mètres de large. Les architectes ont donc opté pour une forme élancée très resserrée, inspirée par la courbure des sabres. Le résultat est stupéfiant car cette finesse lui permet de s’insérer parfaitement dans la ville sans écraser le paysage aux alentours. Pour un point de vue sympa sur la tour, il faut aller sur la terrasse du centre d’information touristique d’Asakusa. Au premier coup d’œil, j’ai eu du mal à réaliser qu’elle était quasiment deux fois plus grande que notre Tour Eiffel, mais une fois arrivé, plus de doute !

Vue de la Tokyo SkyTree depuis l'observatoire de l'office de tourisme d'Asakusa.
Vue de la Tokyo SkyTree depuis l’observatoire de l’office de tourisme d’Asakusa.

Pour finir, sa structure anti-sismique est du même type que celle utilisée dans les pagodes à 5 étages. Le cœur de la tour est composée d’un cylindre de béton armé de 375 mètres de haut. Ancré au sol et soudé à la base jusqu’à la hauteur de 125 mètres, ce tube de béton n’est plus relié à la tour entre les hauteurs 125 à 375 mètres. Il peut alors osciller comme une tige de guimauve (si, si !) en cas de tremblement de terre ou de vent violent, et contrebalancer les secousses infligées à la Tokyo SkyTree. Le dispositif a parfaitement fonctionné lors du séisme catastrophique du 11 mars 2011, alors que la tour était encore en construction.

Pour continuer dans ce symbolisme entre le passé et le présent, la prononciation chiffre par chiffre de la taille de 634 mètres donne 6-3-4 : mu-sa-shi. Ce surnom Musashi désigne aussi l’ancien nom de l’arrondissement de Tokyo dans lequel elle est construite, et fait référence à Miyamoto Musashi, le plus célèbre samouraï de tous les temps, n’ayant jamais perdu aucun combat. Trop fort ! + 1 point pour l’agence de communication de la tour !

Pour finir, sa structure anti-sismique est du même type que celle utilisée dans les pagodes à 5 étages. Le cœur de la tour est composée d’un cylindre de béton armé de 375 mètres de haut. Ancré au sol et soudé à la base jusqu’à la hauteur de 125 mètres, ce tube de béton n’est plus relié à la tour entre les hauteurs 125 à 375 mètres. Il peut alors osciller comme une tige de guimauve (si, si !) en cas de tremblement de terre ou de vent violent, et contrebalancer les secousses infligées à la Tokyo SkyTree. Le dispositif a parfaitement fonctionné lors du séisme catastrophique du 11 mars 2011, alors que la tour était encore en construction.

Assez parlé, il est maintenant temps d’y grimper sur un air de Calogero :

Hahahahaha, en apesanteur, hahahahah, pourvu que les secondes soient des heures 🙄 !

BON PLAN 😜 : technique ultime pour griller la file d’attente

Forcément, la Belle attire du monde. J’avais choisi de venir à la SkyTree en fin de journée pour profiter du soleil couchant sur la ville, en espérant aussi avoir un peu moins de monde. En regardant des forums avant le voyage, les visiteurs annonçaient en effet une file d’attente de 2h en moyenne… Après une journée entière passée à arpenter le quartier de Yanaka, puis Kappabashi street, je ne me voyais pas la force de supporter ça. Pour s’éviter ce calvaire, la solution consiste à réserver son billet en ligne à une heure fixe de visite, mais le paiement n’est possible qu’avec une carte bleue japonaise, donc impossible pour moi.

Après d’intenses recherches sur le site web anglophone de la tour, j’ai découvert le plan B : une seconde entrée pour les seuls visiteurs internationaux qui s’appelle « fast skytree ticket ». Il faut simplement présenter son passeport à un bureau dédié pour acheter ce coupe-file, plus besoin de faire la queue. L’information est tellement mal mise en avant qu’une fois sur place, le guichet « fast » était complètement vide. Bilan : à peine 5 min d’attente le temps de payer, et de récupérer la plaquette touristique ! Un agent d’accueil nous a alors accompagnés à l’ascenseur où nous avons doublé tout le monde en VIP 😎, devant l’œil médusé des autres touristes (plus d’1h30 de queue dans la file classique) ! Zéro temps de perdu, pour un surcoût de 1000 yens par personne sur le billet, l’affaire n’est pas donnée mais je ne me voyais pas perdre du temps inutilement. Et rien que pour le plaisir de doubler tout le monde, ça valait le coup (coût) !

Plein les mirettes !

La Tokyo SkyTree dispose de deux observatoires : le premier à 350 mètres (Tembo Deck – 2000 yens pour un billet simple) et le second à 450 mètres (Tembo Galleria – 3000 yens). On a opté pour le plus élevé, quitte à avoir le vertige, autant avoir peur pour de bon. L’ascenseur nous conduit d’abord au premier observatoire à une vitesse de pointe hallucinante de 600 mètres par seconde (soit 2 160 km/h). On ressent l’accélération mais rassurez-vous, on reste quand même debout ! Un écran numérique au-dessus des portes fait défiler à toute allure l’altitude de l’ascenseur au cours du trajet, ce qui amplifie encore la sensation de vitesse. Super pour la mise en ambiance !

La vue entièrement dégagée sur le Grand Tokyo est juste impressionnante ! On surplombe toute la région, de Yokohama jusqu’au mont Fuji qui était par chance bien visible ce jour-là. En voyant le volcan dominer ainsi la ville, étonnamment seul à l’horizon et à la symétrie parfaite, on comprend d’emblée pourquoi les Japonais le vénèrent à ce point.

La vue entièrement dégagée sur le Grand Tokyo est juste impressionnante ! On surplombe toute la région, de Yokohama jusqu’au mont Fuji qui était par chance bien visible ce jour-là. En voyant le volcan dominer ainsi la ville, étonnamment seul à l’horizon et à la symétrie parfaite, on comprend d’emblée pourquoi les Japonais le vénèrent à ce point.
Le majestueux Fujisan
Vue sur la baie de Tokyo
Vue sur la baie de Tokyo
On aperçoit la grande roue d'Odaiba avec à sa gauche, le volcan reconstitué du parc Disney Sea
Zoom sur la grande roue d’Odaiba avec, à sa gauche, le volcan reconstitué du parc Disney Sea
Vue sur Roppongi
Vue sur Roppongi
Le majestueux Fujisan
Fujisan au soleil couchant

Il est alors temps de monter au deuxième observatoire pour assister au coucher du soleil. Bien moins fréquenté (en raison du prix du billet), on peut prendre son temps sans cohue. A 450 mètres, la sensation de hauteur est encore plus impressionnante qu’au premier observatoire. On croit presque flotter dans les airs car on ne voit pas la base de la tour, et pourtant aucune sensation de vertige ne se fait sentir. L’arrivée de gros nuages nous a offert un spectacle unique sur le mont Fuji, c’était absolument stupéfiant.

vue-skytree-fuji-nuit

vue-skytree-roppongi-nuit
Il est 18h34 sur Tokyo (projections sur les vitres) !

Le concept de sortie vers la boutique souvenir réinventé

L’ascenseur de retour s’arrête « comme par hasard » dans le démesuré centre commercial Solamachi, au pied de la Tokyo Skytree. Le complexe comprend environ 250 boutiques de souvenirs, d’objets traditionnels, mais aussi de vêtements, de téléphonie, de cosmétiques, d’accessoires, de chaussures… Il ne faut pas hésiter à faire un détour à la boutique Ghibli, assez grande et bien mise en scène.

Mais ce n’est pas tout, on trouve aussi un aquarium, un planétarium, environ 60 cafés et restaurants et une bonne cinquantaine de traiteurs de toutes sortes (salades, beignets et fritures, sushis, brochettes, pâtisseries…). Devant tout cet étalage, impossible de résister : ce soir, ce sera une bento box ! Et avec une petite ristourne s’il-vous-plaît car au Japon, les invendus de la journée sont rarement remis en rayon le lendemain. Les commerçants n’hésitent donc pas à baisser le prix de 30 à 50 % selon les plats pour éviter le gaspi, une aubaine pour manger un repas complet et sain, sans se fatiguer et à petit prix (environ 800 yens par personne).

bento-skytree

dessert-skytree

La Tokyo SkyTree est sans conteste mon observatoire préféré à Tokyo. Il ne faut surtout pas la manquer, malgré son prix d’entrée assez élevé. Je vous encourage vraiment à ne pas vous limiter à la première plateforme, moins impressionnante mais surtout trop fréquentée à mon goût. N’oubliez pas non plus le billet coupe-file qui vous fera gagner un temps et un confort précieux.

 

Et vous, qu’avez-vous pensé de cette visite de la Tokyo SkyTree ?

 

Cet article a fait l’objet d’un commentaire sur le forum https://www.kanpai.fr/voyage-japon/questions/avis-planning-tokyo-kyoto

4 commentaires sur “Tokyo Skytree : la tête dans les nuages !

  1. J’ai lu plusieurs articles et celui là est pour l’instant l’un de mes préféré, pourquoi ? Je sais pas enfaite…
    Mais vraiment continue car c’est bien et intéressant en plus (mais ça, on s’en doutait bien) !!

    Et l’astuce pour passer la file d’attente m’a bien fait rire 🙂
    Allez bon courage 😉

    1. Je te confirme RomypFr que l’épisode ou on double une file d’attente de 1h30 sans que personne ne comprenne rien était exceptionnel :-).

    1. Bonjour Charlotte,

      Il n’est pas possible de commander les billets sur Internet en avance. Ils sont à retirer au comptoir spécial « Fast SkyTree Ticket for international visitors », voici le lien vers la fiche de réservation sur le site officiel : http://www.tokyo-skytree.jp/pdf/notification/fcc4b6ee7fe5958f5c4988a31684e8b040242920171707.pdf.
      Ne vous inquiétez pas, ce comptoir est bien moins utilisé que le comptoir principal !

      Pour trouver facilement ce comptoir dans la tour, je vous recommande de télécharger ici le plan en anglais : http://www.tokyo-skytree.jp/others/pdf/skytree_english.pdf. Le comptoir est indiqué en bas de la page 2 du fichier, sur le schéma du milieu présentant le niveau 4F : « Fast Skytree Ticket Counter ».

      Bonne visite ^^ !

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