Au Japon, il y a une catégorie de voiture que vous ne retrouverez nulle part ailleurs : la Kei car. Ces petites voitures cubiques aux allures de Majorette ou de Playmobil sont très répandues. Et si votre prochain voyage était l’occasion de prendre le volant de l’une d’entre elles ? Dans cet article, je vous fais un retour d’expérience sur mes précédentes locations de Kei cars pour vous aider à sauter le pas !
Sommaire
1 – Qu’est-ce qu’une Kei car ?
Si vous prévoyez de sortir des grands axes touristiques bien desservis par les transports en commun, la location de voiture devient vite une option incontournable sur un temps de séjour limité. J’ai déjà traité le sujet sur le blog à travers plusieurs articles dédiés, mais aujourd’hui je vais me concentrer sur les Kei cars uniquement. Vous les remarquerez immédiatement sur les routes japonaises : les Kei cars (ou keijidosha) ont un gabarit proche de celui des voitures sans permis, et peuvent être louées facilement pour un road trip. Si toutefois vous aviez un doute, elles se reconnaissent facilement à leur plaque d’immatriculation jaune.
La catégorie des Kei cars est régie par des normes strictes au Japon. Pour bénéficier de cette appellation, le véhicule (riquiqui) doit respecter les critères suivants :
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Une longueur inférieure à 3,40 m et une largeur maximale de 1,48 m.
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Une cylindrée limitée à 660 cm³.


Iconiques, pratiques et fonctionnelles, elles ont (presque tout) d’une grande ! Elles sont tellement répandues au Japon que des entreprises ou des municipalités en utilisent au quotidien. La version la plus emblématique reste celle du pick-up que l’on croise partout à la campagne, et dans toutes les exploitations agricoles.

2 – Pourquoi choisir une Kei car ?
2.1 – Un budget location maîtrisé
C’est indéniable : réserver une Kei car est la solution la plus économique pour louer une voiture au Japon. Le tarif journalier est en effet inférieur à celui d’une berline standard. Fin 2025, il faut compter environ 8000 yens/jour pour louer une Kei car chez Toyota, tandis que la catégorie supérieure (Yaris, Corolla) démarre autour des 10 000 yens/jour. En apparence, on pourrait se dire que le choix est vite vu si on s’arrête au coût de la location, mais il faut intégrer les frais d’essence pour être plus juste. Et là, c’est un peu moins net.

2.2 – Une voiture un peu gourmande à la pompe
Comme je vous l’ai dit plus haut, les Kei car ont un moteur avec une toute petite cylindrée. Pour faire de la ville et du plat, c’est suffisant en termes de puissance. Je dirai même que c’est royal car ces voitures très légères sont assez nerveuses et disposent globalement d’une bonne reprise en ville et en péri-urbain. En revanche, si vous envisagez de faire un peu de dénivelé (même sans parler de haute montagne), ou de la voie rapide, votre moteur va sérieusement ronfler et vous allez avoir une consommation qui va s’affoler. Sans compter le fait que vous aurez une puissance au ras des pâquerettes ce qui ne sera pas confortable pour monter les cols. Ces petites voitures arrivent à leur limite quand il s’agit de pousser le compte-tour dans les hauteurs.
Avec une Kei car, je tourne entre 6 et 8 litres pour 100 km selon le trajet. Avec une berline « éco » type Corolla ou Prius hybride, j’arrive à une consommation de l’ordre de 4 litres grand max pour 100 km. Il faut donc vous attendre à potentiellement doubler vos frais d’essence si vous optez pour la location d’une Kei car en haute montagne. Je vous déconseille donc cette option pour explorer les Alpes japonaises et la région de Nagano par exemple. Certes, l’essence n’est pas trop chère au Japon (fin 2025, on est entre 160 et 180 yens selon la station-service), mais le surcoût pour remplir votre Kei car peut vite aller à + 700 yens/100 km par rapport à une berline classique. Rapporté à la différence de prix de location, on reste bénéficiaire mais vous perdrez largement en confort de conduite.

2.3 – Une maniabilité inégalée
Le Japon rural est souvent parsemé de routes étroites, parfois à peine plus larges qu’un véhicule. Dès qu’on s’éloigne des itinéraires classiques, on peut se retrouver sur des portions hasardeuses avec des voies à double sens totalement irréalistes. Pour éviter les accidents, les routes sont parsemées de miroirs qui permettent de vérifier si une voiture arrive en sens inverse (ce qui est vraiment très pratique). Elles sont parfois élargies sur des petites portions pour permettre les croisements : de quoi bien stresser quand on n’a pas l’habitude. L’avantage de la Kei car, c’est évidemment sa taille : un vrai mouchoir de poche avec sa largeur de 1,48 m qui permet de passer facilement partout, notamment sur les chemins ruraux des champs de thé ou des rizières en terrasses, mais aussi dans les ruelles exigües des centres-villes. Sur ce type de routes, on est clairement plus serein derrière son volant.
Mon pire souvenir de conduite au Japon ? Sans hésiter, le trajet pour rejoindre les champs de wasabi à Izu. Je vous laisse regarder la copie écran Google maps ci-dessous de cette superbe route officiellement à double sens… Oui, j’ai un peu transpiré 😅.

2.4 – Se garer plus facilement
Au Japon, le parking est un sujet sérieux. Ne vous amusez pas à vous garer à l’arrache n’importe où, et considérez que si la zone de stationnement n’est pas lisiblement délimitée pour vous, c’est que le parking est interdit. En ville comme à la campagne, bon nombre de parkings sont réservés aux uniques clients d’un restaurant, d’une société… Des panneaux le précisent très clairement sur chaque emplacement. Il faut alors se rabattre sur les parkings payants en surface ou en étages qui coûtent vite cher, un vrai racket !
L’avantage de la Kei car pour se garer ? Des places de parkings plus petites spéciales pour leur gabarit sont parfois délimitées dans les parkings. Elles sont un peu moins chères et surtout, elles sont généralement moins saturées que les places classiques, ce qui vous permettra de vous garer bien plus facilement. Par exemple, sur ce parking, les places pour les Kei car sont situées sur les emplacements 1 à 6. Elles sont matérialisées par des lignes blanches au sol. Niveau tarif, on paye moins cher puisque le prix maximum sera de 200 yens en journée pour une Kei car, contre 300 yens pour une voiture classique sur les autres emplacements. Il n’y a pas de petites économies !


2.5 – Un coffre immense !
Contre toute attente, c’est l’un des points forts de cette voiture. En repliant les sièges arrières, on dispose d’un volume énorme de rangement. J’ai pris quelques photos de mes bagages lors de mon dernier séjour pour mieux vous rendre compte. J’ai donc réussi à caser sans mal à l’arrière :
- 2 grosses valises de 23kg
- 2 sacs à dos classiques
- 1 gros sac à dos de rando
- 1 sac taille bagage cabine
Et comme vous pouvez le constater, il y avait encore plein de place, ce n’était pas compliqué pour accéder à tel ou tel sac. J’aurais même pu caser sans mal une troisième valise de 23kg. Evidemment avec ce chargement, il n’ a plus de sièges à l’arrière. A contrario, le volume disponible dans une petite voiture type Yaris est bien moins optimisé, je ne suis pas certain que tout soit rentré. Donc si vous êtes bien chargés, n’ayez pas de craintes en louant une Kei car pour le coffre, c’est royal !


Côté confort intérieur, la Kei car offre un grand champ de vision avec ses larges vitres et aucun angle mort. On se sent vraiment bien au poste de conduite, et on prend vite nos marques. C’est plus sur la durée que les petits défauts se font sentir : la voiture n’est pas d’une stabilité extrême sur autoroute à 110 km/h, et les suspensions sont assez légères. On sent bien la route, les bosses et nids de poule. Sur des petits trajets, pas de difficultés mais quand on commence à enchaîner de longues distances, on fatigue plus vite au volant.
2.6 – Le truc à connaître : le frein à main
Je me suis senti un peu bête lors de ma première location : impossible de retirer le frein à main pour avancer. Le voyant orange restait désespérément allumé sur le tableau de bord. J’ai dû redemander à l’agence pour qu’ils m’expliquent comment faire 😅. Sur ce modèle de boîte automatique, il faut savoir que le frein n’est pas retiré lorsqu’on passe en mode conduite avec le levier de vitesse (D = Drive). Il faut désactiver soi-même le frein via une pédale dédiée, située à gauche. Et ne pas oublier de le réenclencher quand on se gare !


3 – Conseils pratiques pour votre location
3.1 – Le permis de conduire
Petit rappel : pour conduire au Japon, il faut présenter son permis français accompagné d’une traduction certifiée en japonais. Le permis international français classique n’est en effet pas reconnu au Japon. Je vous recommande de faire traduire votre permis en avance pour vous simplifier la vie, plutôt que de perdre du temps en procédure administrative à Tokyo.

3.2 – Choisir son agence
J’ai pour habitude de louer via ces sites :
- en direct sur le site de Toyota rent a car : jamais déçu, un service client parfait et des véhicules en excellent état.
- en direct sur Budget rent a car : c’est un loueur un peu moins cher que Toyota avec là encore d’excellents véhicules et un bon niveau de service. Mais il y a moins d’agences, donc à voir selon votre localisation.
- via l’espace location de véhicules sur Booking.com qui est un comparateur de plusieurs agences. Les prix peuvent être très intéressants sur les Kei car, en particulier à partir des grandes gares ou des aéroports. Vous serez alors mis en relation avec plusieurs loueurs, notamment Nissan qui a également un bon réseau d’agences.
Bref, comme toujours, il faut prendre le temps de comparer !
4 – Bilan : dans quel cas louer une Kei car ?
☝ Au final, la Kei car est un choix judicieux si :
- Vous voyagez seul ou en couple.
- Votre itinéraire privilégie les zones rurales avec un dénivelé moyen, et peu de voies rapides ou autoroutes.
- Vous avez un budget serré.
👇 Au contraire, je vous déconseille de louer une Kei car si :
- Vous voyagez à partir de 3 personnes (sauf s’il s’agit d’une location pour une seule journée et que vos bagages peuvent rester à l’hôtel).
- Vous partez en altitude.
- Vous avez prévu beaucoup de trajets sur autoroute.
- Votre road trip impose de longs trajets ou dure plus d’une semaine. Niveau confort sur la durée et pour les longues distances, je préfère opter pour une berline classique plus confortable, et avec des suspensions bien meilleures. Etant sensible du dos, je pense que je supporterais moins bien une Kei car sur de grandes locations.
Voilà pour le tour du propriétaire et mon avis ! C’est une expérience typiquement japonaise qui, au-delà de l’aspect pratique, ajoute un certain charme au voyage. N’hésitez donc pas à tenter lors d’un prochain séjour !




Comme toujours, super intéressant d’avoir ton avis sur ce genre de point qui peut être essentiel dans un voyage ! Bravo pour cet article !
Avec plaisir. Tu ne vas quand même pas me dire que tu es prêt à lâcher le vélo pour une Kei car 😂?