jardin japonais traditionnel kenrokuen kanazawa

Kenrokuen, un jardin incontournable

Le jardin Kenrokuen est un joyau qui a traversé les siècles sans perdre de sa beauté. Initié par les seigneurs du clan Maeda, il a été agrandi, modifié, consumé par des incendies, mais à chaque fois reconstruit pour perdurer dans le temps. Le résultat qui nous parvient aujourd’hui est un superbe jardin de promenade, véritable poumon vert de Kanazawa. Visite d’un havre de paix et de perfection qui fait partie des trois plus beaux jardins du Japon.

 

Kenrokuen ou la quintessence de l’art du jardin japonais

Le nom kenrokuen siginifie littéralement “jardin incorporant les 6 attributs”. Ce terme fait référence aux 6 caractéristiques essentielles que doit revêtir un jardin selon la littérature chinoise du XIème siècle. Ces attributs fonctionnent par paires dont les éléments entrent en opposition les uns avec les autres. Il s’agit de :

  • l’espace (impose un jardin très vaste), contrebalancé par l’isolement (le jardin doit pouvoir recréer des lieux de calme pour ressentir la sérénité de la nature),
  • l’artificiel (le jardin doit être intégralement composé par l’humain) qui s’oppose à l’authenticité (on doit justement oublier le fait que le jardin est artificiel),
  • les cours d’eau (que l’on doit pouvoir apprécier au plus près, comme le bruit d’une rivière, la fraîcheur d’une cascade) à la différence du panorama (ouvre le jardin sur la ville en offrant des vues sur les alentours, mais ne permet pas d’apprécier le détail de chaque élément qui le compose).

Kenrokuen est donc construit autour de ces 6 notions essentielles qui se dévoilent aux visiteurs. Selon la sensibilité de chacun, certains apprécieront avant tout la place de l’eau dans le jardin, d’autres davantage les lieux de calme : c’est la grande force et le mystère de ce jardin selon moi, car plusieurs personnes peuvent l’apprécier pour des raisons totalement différentes.

lanterne kenrokuen

 

Balade sous les couleurs de l’automne

Contrairement à la tradition zen de Kyoto, il ne faut pas vous attendre à y trouver des jardins secs avec des gravillons dessinés. L’espace ici n’est pas dédié à la méditation mais à la promenade et à la confidence. Les seigneurs Maeda gardaient en effet ce jardin privé, accolé à leur château, et venaient en balade avec leurs convives pour nouer des relations et conduire leurs affaires. On vadrouille donc entre plusieurs bosquets qui disposent de leur identité propre. Les sakuras et les pruniers sont bien mis à l’honneur mais l’espace des érables (momijis) est très réduit. Le feuillage d’automne s’apprécie donc en observant les touches orange et rouge qui se disséminent dans la forêt. Pour voir une véritable mer d’érables, je vous recommande plutôt de vous rendre au jardin du temple Tofukuji au Sud de Kyoto.

Pas d’effet grandiose mais certains arbres avaient une couleur vraiment impressionnante. Malgré le ciel nuageux le jour de notre visite, la couleur de certaines feuilles tirait vers des teintes très vives, presque fluo, malgré le ciel gris.

kenrokuen momiji

 

En attendant l’hiver au Kenrokuen

La préfecture d’Ishikawa connait chaque hiver de fortes chutes de neige qui, en s’amoncelant sur les branches des arbres taillées, risquent de les casser sous le poids accumulé. Pour éviter que les arbres ne s’abîment, les jardiniers installent des protections particulières au cours du mois de novembre avant les mauvais jours : ce sont les yukitsuri. Un mat central en bois est dressé dans l’alignement du tronc de l’arbre à protéger. A son sommet, un groupe de cordes disposées en éventail vont être reliées à chaque branche. Ainsi saucissonnées, les branches seront soutenues par la corde en tension et ne risquent pas de ployer sous le poids de la neige.

Les jardins arborent donc ces cônes de cordes très spécifiques. Cela rajoute un nouvel élément graphique au jardin avec lequel je me suis bien amusé pour les photos 📸.

kenrokuen yukitsuru novembre

yukitsuru protection arbre hiver au japon à kanazawa

Pour édifier ces constructions imposantes, des dizaines de paysagistes étaient à pied d’œuvre autour des arbres et sur les parterres, leurs collègues entretenaient les mousses, en les nettoyant et arrachant les mauvaises herbes à la main ou aidés d’une petite griffe pas plus épaisse qu’une fourchette à escargots. Il faut une véritable petite armée pour entretenir à la perfection ces 11 hectares !

 

L’un des plus agréables salon de thé

La fin de la visite nous amène enfin vers l’étang aménagé Hisago-ike qui fait partie de l’un des plus beaux emplacements que j’ai pu voir au Japon pour prendre le thé (prévoir un supplément sur le billet d’entrée). Le circuit nous fait démarrer la découverte par le fond de l’étang qui ne présente pas de perspective intéressante. Mais petit à petit, les choses se dévoilent ! D’abord un bosquet d’arbres colorés qui se reflètent dans le bassin, puis une cascade, des lanternes, mais surtout, cette superbe maison de thé sur pilotis, avec sa pergolas de glycines. Nous étions les derniers visiteurs à pouvoir y entrer car l’heure de la fermeture approchait. C’était une chance inattendue car la salle se vidait petit à petit et nous avons pu profiter de l’espace et de la vue que nous avions pour nous seuls. Beauté de la salle, de l’étang, mais aussi du matcha et du wagashi délicat qui l’accompagne : quel beau moment ! On en oublierait presque que tout ce qui se tient devant nous est purement artificiel tant les éléments résonnent en harmonie les uns avec les autres.

Hisago-ike kenrokuen tea house

boire un matcha à kanazawa

manger une patisserie wagashi à kanazawa

 

Pour en savoir plus

 

 

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7 commentaires sur “Kenrokuen, un jardin incontournable

  1. Moi, j’adore les Yukitsuri avec cette note design, et dès que j’en vois, cela m’évoque ce jardin de Kanazawa, sinon, le Kenrokuen, je l’ai trouvé assez « ordinaire » … J’avais peut-être trop vu de jardins japonais avant…

    1. Merci pour ton commentaire ^^ ! Ah, les couleurs d’automne de Kanazawa, une référence ! Pour le moment je vais me contenter de la vigne vierge du mur des voisins, et des quelques arbres autour de chez moi. J’aurai tellement aimé y retourner cette année… j’espère que cela sera possible l’an prochain !

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