La rivière coulant à Arima onsen avec son pont rouge célèbre au fond.

Journée de détente à Arima onsen

Et si on faisait une petite escapade dans une station thermale depuis Osaka ou Kobe ? Nichée dans une vallée derrière le mont Rokko, la bourgade de Arima onsen est une institution au Japon. En effet, elle fait partie des 3 plus vieux onsens du pays, citée avec Shirahama et Dogo onsen dans les ouvrages légendaires Nihon Shoki et Kojiki

 

 

1 – Arima onsen : une station thermale typique du Japon

Comme tous les petits villages éloignés de la mégalopole, le voyage prend un autre rythme. Adieu le shinkansen et sa vitesse moyenne de 250 km/h ! On emprunte cette fois-ci un petit train électrique qui suit les courbes du relief de l’arrière-pays. Après 1h30 de trajet depuis Osaka, nous voici arrivés à destination, au terminus de la ligne Shintetsu Arima. Il n’y a plus de gare au-delà de Arima onsen, seulement des montagnes éclairées par les belles couleurs d’automne.

Le détail métallique des voies ferrées à la gare de Arima onsen, avec les montagnes colorées en orange sous les couleurs de l'automne.

Comme dans de nombreuses villes thermales au Japon, le centre est organisé autour d’une rivière. Les habitations, commerces et ryokan sont alignés en bord de rive, en suivant le cours d’eau. La rivière est ici canalisée et même totalement aménagée en espaces de promenade. J’imagine que l’endroit doit être bondé en plein cœur de l’été, car il permet de profiter d’un peu d’ombre et d’un bain de pieds dans l’eau fraîche. Même si la température extérieure restait agréable, la saison était passée pour cette activité. Qu’à cela ne tienne : direction un ashiyu ! Ce sont des bains de pieds installés en pleine rue, et je peux vous dire que c’est très relaxant ! Ne vous y trompez pas, l’eau sur les photos qui suivent n’est pas boueuse mais pleine de bons minéraux ferrugineux.

La vue principale des rives aménagées de la rivière de Arima onsen.

Des visiteurs se trempant les pieds dans un ashiyu rempli d'eau thermale de couleur cuivrée (kinsen) à Arima onsen.

 

2 – La particularité des sources de Arima onsen

2.1 – Les deux sources typiques

Arima onsen est célèbre pour deux sources aux propriétés minéralogiques très différentes :

  • la source kinsen qui alimente le ashiyu et d’autres bains en ville : elle est reconnaissable par sa couleur brune, voire rouille. Elle est recommandée pour le traitement des maladies de peau car elle est riche en sodium mais surtout en fer (d’où sa couleur caractéristique).
  • la source ginsen complètement à l’opposé de la première source, car son eau est très claire, légèrement argentée, car elle est riche en carbonates et en radium (dans des doses naturelles qui ne sont pas dangereuses pour la santé). Elle est préconisée pour les douleurs musculaires et favorise la récupération physique.

 

2.2 – Mon test de l’eau ginsen, la source pétillante !

La ville dispose de deux bains publics abordables mais ils sont petits. J’ai donc préféré l’établissement privé Taiko-no-yu bien plus grand et complet, qui propose plusieurs sources dont des bassins en extérieur. Evidemment, je n’ai pas pu vous ramener des photos des bassins en eux-mêmes car ils étaient occupés en journée. Et même en demandant l’autorisation, cela n’aurait pas été possible.

Les montagnes colorées en orange à cause des érables à l'automne autour du village de Arima onsen.

La devanture du complexe hôtelier Arima view hotel à Arima onsen.

Comme j’avais testé un ashiyu à l’eau ocre en centre-ville, j’avais envie de me plonger dans l’eau riche en carbonates car… Elle pétille ! Oui, comme une San Pellegrino, l’eau va libérer le CO2 qu’elle contient au contact de l’air. La sensation est plutôt surprenante car de prime abord, les bains ne laissent pas penser qu’ils sont pétillants. Après s’être immergé quelques secondes, on voit se former des petites bulles de gaz tout le long du corps. Elles s’agrandissent petit à petit, puis remontent et se crèvent à la surface. La sensation de légèreté est hyper agréable, c’était juste incroyable ! J’ai appris après coup que pour assurer une expérience constante, l’eau pouvait parfois être complétée de façon artificielle par du gaz, afin de garantir le niveau moyen en carbonate (pas de quoi me gâcher le souvenir toutefois).

Un couloir intérieur au Arima view hotel dans un esprit parc d'attraction dans le thème de l'époque Edo.

Cet établissement est rattaché à l’hôtel-ryokan Arima view hotel installé juste à côté. C’est un vaste complexe qui regroupe un espace détente (plusieurs bains et zone de relaxation), une salle de restauration et des jeux. De quoi y passer facilement la journée en y dépensant (trop) d’argent. Si le tarif d’entrée de base est fixé à 2400 yens par adulte en semaine, les activités annexes (repas, snack, massages) sont en complément. Il suffit pour cela de présenter le code barre du bracelet qu’on nous remet à l’entrée : le prix de chaque activité viendra s’ajouter à la note et le tout sera à payer en rendant ses affaires en sortant (attention, car on peut très vite ne pas avoir l’impression de dépenser avec ce système !).

Si le tarif est un peu cher comparé à d’autres expériences de onsens, le côté unique des bains et la qualité des installations méritent à mon sens le tarif. Evidemment, il ne faut pas y aller pour seulement 30min, mais plutôt prendre le temps d’y consacrer 1/2 journée de détente.

Des bornes de jeux japonais de fêtes foraines pour enfants.

 

3 – Le charme préservé d’un village

Malgré la présence de ces grands hôtels en béton, Arima onsen a su conserver quelques ruelles historiques. On tombe facilement dessus après avoir passé le pont rouge, car elles regroupent les principaux commerces et restaurants. Il y a de belles photos à faire entre les façades en bois et les dédales d’escaliers. Je vous avoue que pour un village de onsens millénaire, je m’attendais à un centre plus vaste et mieux préservé. En réalité, la popularité de la station s’est surtout développée après la seconde guerre mondiale ce qui explique son architecture essentiellement contemporaine.

Comme dans toute région touristique au Japon, Arima onsen propose des omiyage, des spécialités culinaires locales. Ici, ce sera des bouteilles d’eau pétillante de la fameuse source ginsen (sympa le packaging rétro !). L’autre spécialité, ce sont des galettes sucrées fabriquées avec l’eau de source, les tansan senbei (je n’ai testé ni l’un ni l’autre).

Les ruelles étroites du village de Arima onsen, bordés de bâtiments préservés en bois.

Une bouteille en verre de Arima Cider Teppo Water, avec une affichette indiquant le prix de 232 yens.

En grimpant dans les hauteurs, on tombe sur plusieurs temples et sanctuaires. Mais on peut surtout voir toute la « machinerie » qui assure la collecte de l’eau des sources. Des puits et des canalisations se cachent derrière la rue principale bien propre et rangée. Et c’est finalement cette partie de la ville qui m’a le plus charmé, pour ce côté métallique et minéral, avec ces tuyauteries complètement recouvertes de calcifications rougeâtres ou encore ces grandes soupières géantes qui crachent de la vapeur.

La façade d'un temple bouddhiste sur les hauteurs de Arima onsen.

 

4 – Profiter des couleurs d’automne à Arima onsen

Le voyage était agréable pour les sources, mais aussi pour les couleurs incroyables des feuilles d’automne. Le trajet en train m’avait donné l’eau à la bouche et j’avais envie de contempler les arbres de plus près. Je me suis donc écarté du centre historique du village pour davantage me tourner vers les ruelles en bordure de montagne. Ces dernières n’avaient que peu d’intérêt, sauf pour les érables flamboyants !

Un gros plan sur les feuilles d'un érable japonais partiellement éclairées par les rayons du soleil.

 

Cette visite m’aura laissé le goût de trop peu, et j’aimerai revenir y passer plus de temps. Une idée serait de prendre le téléphérique depuis Kobe pour monter en haut du mont Rokko (versant Sud), puis de redescendre avec le second téléphérique sur le versant Nord qui rallie le sommet à Arima onsen. On pourrait alors passer une nuit sur place puis revenir tranquillement en train sur Kobe le lendemain.  Y’a plus qu’à réserver 😁 !

 

5 – Pour en savoir plus

Page de l’office de tourisme de Arima onsen (anglais) : https://visit.arima-onsen.com/

Site officiel de l’hôtel Arima view hotel (anglais) : https://www.arima-view.com/onsen/

Site de l’établissement des bains Taiko-no-yu que j’ai testé (anglais) : https://www.taikounoyu.com/

 

 

7 commentaires sur “Journée de détente à Arima onsen

  1. Merci pour cet article !!
    J’ai fait le circuit des deux téléphériques. Malheureusement, j’avais planifié le parcours un peu serré (erreur de débutant qui veut tout faire tout voir ) et on n’a pas eu le temps (ni l’énergie) de visiter le village. Dommage. Nous sommes restés au ryokan. On a pu tester un bain avec l’eau couleur rouille et puis le repas du soir !!! 7 services avec bœuf de Kobe compris !

    1. Merci pour ton retour, justement je me posais la question du temps à consacrer en prenant le téléphérique et je craignais justement les durées de trajets. Effectivement, rester une nuit sur place, ça doit être vraiment top ! Tu avais réservé dans quel établissement ?

    1. J’avais fait la visite de Arima onsen en excursion à la journée depuis Osaka et cela s’était bien passé mais avec le temps de trajet, je n’ai pas pu monter au mont Rokko. En partant de Kobe, c’est tout à fait possible en revanche de le combiner avec Arima onsen sur la journée. Partir de Kobe est donc plus confortable et donnera plus de temps sur place.

  2. Ca donne envie, je pense que je vais ajouter la visite d’arima onsen à mon itineraire. Petite question cependant, acceptent-ils les personnes tatouées svp ? j’ai pas mal de tatouages visible non camouflables…

    1. Bonjour Julie, je viens de vérifier sur ce site qui référence les onsens ouverts aux personnes tatouées et je vois qu’il y a des possibilités à Arima : https://www.tattoofriendlyonsen.com/onsen-locations/Arima-onsen. Par précaution, il est tout de même préférable de vérifier que c’est bien ok en contrôlant l’info sur les sites officiels des ryokans ou sur celui de l’office de tourisme (c’est souvent indiqué dans la section FAQ)

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