Journée de détente à Arima onsen

Et si on faisait une petite escapade dans une station thermale depuis Osaka ou Kobe ? Nichée dans une vallée derrière le mont Rokko, la bourgade de Arima onsen est une institution au Japon car elle fait partie des 3 plus vieux onsens du pays, citée avec Shirahama et Dogo onsen dans les ouvrages légendaires Nihon Shoki et Kojiki

 

Arima onsen : une station thermale typique du Japon

Comme tous les petits villages éloignés de la mégalopole, le voyage prend un autre rythme. Adieu le shinkansen et sa vitesse moyenne de 250 km/h, on emprunte cette fois-ci un petit train électrique qui suit les courbes du relief de l’arrière-pays. Après 1h30 de trajet depuis Osaka, nous voici arrivés à destination, au terminus de la ligne Shintetsu Arima. Il n’y a plus de gare au-delà de Arima onsen, seulement des montagnes éclairées par les belles couleurs d’automne de la fin novembre.

arima onsen station

Comme dans de nombreuses villes thermales au Japon, le centre est organisé autour d’une rivière, bordée d’habitations, de commerces, de grands établissements thermaux et de ryokans. Elle est ici canalisée et même totalement aménagée en espaces de promenade. J’imagine que l’endroit doit être bondé en plein cœur de l’été, car il permet de profiter d’un peu d’ombre et d’un bain de pieds dans l’eau fraîche. Même si la température extérieure restait agréable, la saison était passée pour cette activité. Qu’à cela ne tienne : direction un ashiyu ! Ce sont des bains de pieds installés en pleine rue, et je peux vous dire que c’est très relaxant ! Ne vous y trompez pas, l’eau sur les photos qui suivent n’est pas boueuse mais pleine de bons minéraux typiques de la région.

arima onsen vue principale

ashiyu kinsen arima onsen

 

Ginsen, une source… pétillante !

Arima onsen est célèbre pour deux sources aux propriétés minéralogiques très différentes :

  • la source kinsen qui alimente le ashiyu et d’autres bains en ville : elle est reconnaissable par sa couleur brune, voire rouille. Elle est recommandée pour le traitement des maladies de peau car elle est riche en sodium mais surtout en fer (d’où sa couleur caractéristique).
  • la source ginsen complètement à l’opposé de la première source, car son eau est très claire, légèrement argentée, car elle est riche en carbonates et en radium (dans des doses naturelles qui ne sont pas dangereuses pour la santé). Elle est préconisée pour les douleurs musculaires et favorise la récupération physique.

La ville dispose de deux bains publics abordables mais ils sont petits. J’ai donc préféré l’établissement privé Taiko-no-yu bien plus grand et complet, qui propose plusieurs sources dont des bassins en extérieur. Evidemment, je n’ai pas pu vous ramener des photos des bassins en eux-mêmes car ils étaient occupés en journée et même en demandant l’autorisation, cela n’aurait pas été possible.

arima view hotel

Comme j’avais testé le ashiyu à l’eau ferrugineuse en centre-ville, j’avais envie de me plonger dans l’eau riche en carbonates car… elle pétille ! Oui, comme un bon Perrier ou une San Pellegrino, l’eau va libérer le CO2 qu’elle contient au contact de l’air. La sensation est plutôt surprenante car de prime abord, les bains ne laissent pas penser qu’ils sont pétillants. Mais après s’être immergé quelques secondes, on voit se former des petites bulles de gaz tout le long du corps qui vont s’agrandir petit à petit, puis remonter se crever à la surface. La sensation de légèreté est hyper agréable, c’était juste incroyable ! J’ai appris après coup que pour assurer une expérience constante, l’eau pouvait parfois être complétée de façon artificielle par du gaz afin de retrouver le niveau moyen en carbonate (pas de quoi me gâcher le souvenir toutefois).

Cet établissement est rattaché à l’hôtel-ryokan Arima view hotel installé juste à côté. C’est un vaste complexe qui regroupe un espace détente (plusieurs bains et zone de relaxation), une salle de restauration et des jeux. De quoi y passer facilement la journée en y dépensant (trop) d’argent. Si le tarif d’entrée de base est fixé à 2400 yens par adulte en semaine, les activités annexes (repas, snack, massages) sont en complément. Il suffit pour cela de présenter le code barre du bracelet qu’on nous remet à l’entrée : le prix de chaque activité viendra s’ajouter à la note et le tout sera à payer en rendant ses affaires en sortant (attention, car on peut très vite ne pas avoir l’impression de dépenser avec ce système !). Si le tarif est un peu cher comparé à d’autres expériences de onsens, le côté unique des bains et la qualité des installations méritent à mon sens le tarif. Evidemment, il ne faut pas y aller pour seulement 30min, mais plutôt prendre le temps d’y consacrer 1/2 journée de détente.

 

Le charme préservé d’un village

Malgré la présence de ces grands hôtels en béton installés le long des rives, Arima onsen a su conserver quelques ruelles historiques. On tombe facilement dessus après avoir passé le pont rouge central, car elles regroupent les principaux commerces et restaurants. Il y a de belles photos à faire entre les façades en bois, les dédales d’escaliers et les rues annexes toutes charmantes. Je vous avoue que pour un village de onsens plus que millénaire, je m’attendais néanmoins à un centre plus vaste et mieux préservé. En réalité, la popularité de la station s’est surtout développée après la seconde guerre mondiale ce qui explique son architecture essentiellement contemporaine.

Comme dans toute région touristique au Japon, Arima onsen propose des omiyage, des spécialités culinaires locales typiques. Ici, ce sera sans surprise des bouteilles d’eau pétillante de la fameuse source ginsen (sympa le packaging rétro !), et des galettes sucrées fabriquées avec l’eau de source, les tansan senbei (je n’ai testé ni l’un ni l’autre).

arima cyder teppo water

En grimpant dans les hauteurs, on tombe sur plusieurs temples et sanctuaires, mais on a aussi accès à toute la “machinerie” qui assure la collecte de l’eau des sources : puits et canalisations se cachent derrière la rue principale bien propre et rangée. Et c’est finalement cette partie de la ville qui m’a le plus charmé, pour ce côté surprenant et minéral, avec ces tuyauteries complètement recouvertes de calcifications rougeâtres ou encore ces grandes soupières géantes qui crachent de la vapeur.

 

Une journée d’automne à Arima onsen

Le voyage était agréable pour les sources, mais aussi pour les couleurs incroyables des feuilles d’automne. Le trajet en train m’avait donné l’eau à la bouche et j’avais envie de contempler les arbres de près sans me contenter d’un panorama depuis la vitre du wagon. Je n’ai donc pas résisté à délaisser le centre historique du village pour davantage me tourner vers les ruelles en bordure de montagne qui n’avaient que peu d’intérêt, sauf pour les érables flamboyants !

koyo district kobe

 

Cette visite m’aura laissé le goût de trop peu, et il est clair que je reviendrai en passant plus de temps. Une idée serait de prendre le téléphérique depuis Kobe pour monter en haut du mont Rokko (versant Sud), puis de redescendre avec le second téléphérique sur le versant Nord qui rallie le sommet à Arima onsen. On pourrait alors passer une nuit sur place puis revenir tranquillement en train sur Kobe le lendemain, voilà mon prochain programme ! Et vous 😁 ?

 

Pour en savoir plus

Site officiel de l’office de tourisme de Arima onsen (anglais – persévérez, les temps de chargement de ce site sont longs !) : https://visit.arima-onsen.com/

Site officiel de l’hôtel Arima view hotel (anglais) : https://www.arima-view.com/onsen/

Site officiel de l’établissement des bains Taiko-no-yu que j’ai testé (anglais) : https://www.taikounoyu.com/

 

 

2 commentaires sur “Journée de détente à Arima onsen

  1. Merci pour cet article !!
    J’ai fait le circuit des deux téléphériques. Malheureusement, j’avais planifié le parcours un peu serré (erreur de débutant qui veut tout faire tout voir ) et on n’a pas eu le temps (ni l’énergie) de visiter le village. Dommage. Nous sommes restés au ryokan. On a pu tester un bain avec l’eau couleur rouille et puis le repas du soir !!! 7 services avec bœuf de Kobe compris !

    1. Merci pour ton retour, justement je me posais la question du temps à consacrer en prenant le téléphérique et je craignais justement les durées de trajets. Effectivement, rester une nuit sur place, ça doit être vraiment top ! Tu avais réservé dans quel établissement ?

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