Des dizaines de statues de renards japonais kitsune au sanctuaire Toyokawa inari dans la préfecture de Aichi.

Toyokawa Inari, le sanctuaire aux 1000 renards

Encore un sanctuaire splendide (trop peu) connu que je vous invite à découvrir de toute urgence. Si vous êtes de passage entre le mont Fuji et Nagoya, vous n’avez pas d’excuses pour manquer le grand complexe de Toyokawa Inari ! 

 

 

1 – Une escapade d’une demi-journée en banlieue de Nagoya

J’aime beaucoup la ville de Nagoya qui combine tous les avantages d’une grande ville, sans en avoir les inconvénients. Il y a beaucoup à voir, et quand on a fini d’arpenter ses rues, on a l’embarras du choix pour programmer des journées sympas en périphérie. Aujourd’hui, je vous emmène à l’Est, dans la petite ville de Toyokawa pour découvrir son sanctuaire très réputé au Japon.

Vous connaissez certainement le sanctuaire de Fushimi Inari à Kyoto, réputé pour ses alignements photogéniques de torii qui grimpent dans la montagne. Le sanctuaire Toyokawa Inari l’est tout autant, mais son truc à lui, ce sont les centaines de statuettes de renards (kitsune), messagers de la déesse. On dit souvent que Fushimi est le sanctuaire « aux 1000 torii », je trouve que Toyokawa porte bien le nom de sanctuaire « aux 1000 renards » (appellation non-officielle que je lui ai décernée 😉). Les Japonais parlent aussi de sanctuaire « aux 1000 drapeaux », vous comprendrez facilement en regardant la carte ci-dessous.

La carte schématique du sanctuaire de Toyokawa inari, dans la préfecture de Aichi.

Pour y accéder, il faut emprunter la ligne Meitetsu depuis la gare centrale de Nagoya. Elle vous déposera à quelques pas de l’entrée principale après 1h15 de transport en direct. Attention, ce trajet suit une ligne privée qui n’est pas éligible au JR pass : il faudra donc vous acquitter du tarif de 1 140 yens à l’aller pour vous y rendre. La rue entre la gare et le sanctuaire a gardé une ambiance rétro digne d’un décor de cinéma ! Elle vaut le détour à elle seule.

Le rue commerçante devant le sanctuaire Toyokawa inari, avec de multiples enseignes rétro dans le style de l'ère Showa.

Le grand torii en pierre marquant l'entrée du sanctuaire Toyokawa inari.

L'entrée du sanctuaire Toyokawa inari décorée de drapeaux blancs longilignes avec des kanjis noirs.

Une vue latérale du pont menant au pavillon principal du sanctuaire Toyokawa inari.

 

2 – Des renards (presque) partout

Ce sanctuaire est considéré comme l’un des sites les plus sacrés de la région de Tokai. Tenez-vous bien, car il s’étend sur une superficie de plus de 12 hectares ! Il abrite ainsi plus de 90 salles et pagodes de différentes tailles, soigneusement dispersées à l’intérieur. Difficile de savoir quel chemin emprunter tant il est étendu. Je me suis donc baladé un peu au hasard, me laissant porter en fonction des bâtiments qui m’attiraient.

Bouddhisme et shintoïsme sont fortement entremêlés ici, si bien qu’on perd un peu nos repères. En effet, la divinité shinto Inari est vénérée ici sous une représentation… bouddhique… dénommée Toyokawa Inari Shinten. D’autres pavillons sont dédiés à des images de bodhisattva tout en faisant écho… à des codes shinto ! Difficile de s’y retrouver pour des non-initiés ! Il est rare de nos jours de trouver des lieux sous ce format, car l’ère Meiji s’est efforcée à séparer les deux religions. Heureusement pour nous, des maîtres zen de l’époque se sont battus pour éviter ce remaniement à Toyokawa inari.

Des lanternes rouges au sanctuaire Toyokawa inari qui dirigent le regard vers une pagode flanquée d'un gingko jauni par l'automne.

Une lanterne rouge vieilli en papier portant les inscriptions en kanji du sanctuaire Toyokawa inari, suspendu sous un porche en bois.

De chemins en chemins, je m’enfonce petit à petit dans une forêt dense. Je suis guidé tel le petit Poucet par des alignements de statuettes de renards et des drapeaux habilement installés en bord de sentier.

Un chemin dans la forêt attenante au sanctuaire Toyokawa inari, bordée de statues de pierre de kitsune à bavoir rouge qui se regardent en face à face.

J’arrive enfin à l’extrémité de l’enceinte à la colline aux renards, quelle bonne surprise ! Des centaines de statuettes installées sur plusieurs niveaux nous dévisagent, une vraie meute ! La popularité du sanctuaire a explosé à l’époque Meiji après que la famille Arisugawa (une ramification généalogique de la famille impériale) a fait don d’une grosse somme d’argent. De nombreuses personnes ont alors financé le sanctuaire en apposant leur statue de renard sur le monticule. On ne sait plus où donner de la tête tellement ils sont nombreux ! Morale de l’histoire, rien ne vaut le passage de la famille impériale pour booster le succès d’une divinité… et les finances du sanctuaire 😉 !

La colline aux centaines de statues de renards avec des bavoirs rouges du sanctuaire Toyokawa inari.

Un zoom sur une statue de renard au sanctuaire Toyokawa inari, avec une multitude d'autres statues identiques mais plus petites à l'arrière-plan.

Un alignement de statuettes de renards à bavoirs rouge fixant le photographe, dessinant un motif répétitif.

Une multitude de statues de renards avec bavoirs rouge vif, installés en gradin autour d'une lanterne massive en pierre du sanctuaire Toyokawa inari.

 

3 – Toyokawa Inari : un sanctuaire très kawaii !

Suis-je tombé dans les pièges évidents du marketing ? Tout à fait 😆 ! Il faut dire que les locaux se sont donné le mot pour décliner des séries de goodies tous plus mignons les uns que les autres. Je me suis d’abord fait piéger par les commerçants de la rue principale qui proposaient des tonnes de produits dérivés. Comment ne pas résister devant cette peluche ? Et avec les statues en arrière-plan, c’est encore plus mignon !

Une peluche de renard Inari pour les enfants, dans un style kawaii, positionnée à côté d'une statue traditionnelle en pierre de renard, pour comparaison.

Autre tentation : l’omikuji kitsune ! Contre 300 yens, on peut choisir au hasard une statuette adorable de renard en argile. Une prédiction écrite sur un morceau de papier y est cachée à l’intérieur. Il faut la lire sur place pour apprendre ce que le kami nous a réservé. Dans ce sanctuaire, la prédiction est entièrement écrite en japonais mais j’ai pu la traduire avec l’aide de Google trad. La transcription française reste chaotique, mais on saisit l’essentiel. Bilan des courses : tout va bien pour moi, il ne s’agissait pas d’une avalanche de malédictions. Si cela avait été le cas, il aurait fallu nouer le papier autour de fils tendus dans l’enceinte pour conjurer le mauvais sort. Je repars donc soulagé avec ce beau souvenir qui veillera sur moi au retour, fièrement installé sur mon bureau au travail.

Une boite contenant des rangées symétriques d'omikuji en forme de renard blanc regardant vers la gauche, avec bavoir et oreilles rouges.

 

Pour prolonger la visite, je vous encourage à prendre votre repas dans un restaurant qui borde la rue principale. La visite du sanctuaire se fait donc sans difficulté en aller/retour sur la journée depuis Nagoya. Mais vous pouvez aussi l’intégrer en tant qu’étape entre Nagoya et le Mont Fuji, comme je l’ai fait sur ce séjour ☺️.

 

4 – Pour en savoir plus

N’hésitez pas à jeter un œil à la programmation des fêtes organisées au sanctuaire en fonction de votre visite : https://www.toyokawainari.jp/event/year/

 

 

 

 

5 commentaires sur “Toyokawa Inari, le sanctuaire aux 1000 renards

  1. Ahlala cet endroit serait génial pour mon frère qui collectionne les kitsune. Je n’ai pas eu l’occasion d’y passer mais j’adorerais, tes photos sont très chouettes comme toujours !

    1. Bonjour,
      Le sanctuaire n’est pas du tout en altitude, il est au niveau de la ville qui est sur la bande côtière. Il n’y a pas d’escaliers et le tout est accessibles à pieds et à plat.

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