Le road trip sur la péninsule d’Izu se poursuit maintenant sur sa côte Ouest ! Je vous emmène maintenant découvrir les petites villes de Dogashima et de Matsuzaki, pour une journée tranquille face à la mer.
Sommaire
1 – Le cap des amoureux
J’avais prévu à la base de passer la journée entière à parcourir plusieurs caps et portions de côtes à pied, mais une alerte aux tempêtes a contrarié le planning. Des vents jusqu’à 100 km/h étaient annoncés en début d’après-midi sur toute la péninsule : il était donc hors de question de faire le guignol en front de mer. J’ai donc allégé le planning pour ne garder que la visite du cap des amoureux. Les bourrasques décoiffaient déjà pas mal en ce début de matinée.
Depuis le parking, un sentier balisé en bois, construit sur pilotis sur de nombreuses portions, nous emmène en 20 min jusqu’à la pointe qui plonge dans la baie de Suruga. Tout le parcours ultra sécurisé peut se faire sans risques avec des enfants. En revanche, il y a quand même du dénivelé et les escaliers cassent davantage les jambes que la pente d’un sentier. Après ce petit effort, je suis récompensé par une vue (presque) dégagée sur le mont Fuji. Par temps clair, j’imagine que le panorama doit vraiment être incroyable. C’est sûrement pour cette raison que le lieu est devenu le rendez-vous des amoureux qui viennent y sonner une cloche en bronze, en gage de leur attachement.



2 – La ville historique de Matsuzaki
2.1 – Le quartier des anciens entrepôts
Je reprends la route en direction du Sud pour arriver à Matsuzaki. La ville est connue pour ses murs traditionnels construits selon la technique namako-kabe, littéralement « murs en concombre de mer ». Des tuiles carrées sont posées en diagonale, puis les joints sont recouverts d’un épais trait de plâtre blanc. Le résultat donne un grand quadrillage très contrasté, graphique, qui protège le bâtiment des intempéries et du feu. On peut en trouver dans d’autres régions du Japon, comme à Kurashiki (préfecture d’Okayama).
La brochure touristique vendait une rue entièrement préservée, mais ce n’était pas du tout le cas. En réalité, il ne subsiste que quelques bâtiments encore debout, disséminés dans un pâté de maisons. La majorité d’entre eux aurait d’ailleurs besoin de rénovations urgentes au regard de leur état. Un seul entrepôt est ouvert gratuitement à la visite : il conserve encore ses aménagements intérieurs qui valent le coup d’oeil ? Est-ce que cela vaut le coup de venir ici pour voir ces bâtisses ? Peut-être pas, sauf si vous êtes un fan inconditionnel d’architecture. Même si je suis resté sur ma faim, il faut reconnaître que j’y ai fait de belles photos.




2.2 – La pâtisserie Framboise
Comme la météo alternait entre de belles éclaircies et des nuages menaçants, et que j’avais misé sur une bonne demi-journée à Matsuzaki, je me suis réfugié dans le salon de thé Framboise pour passer le temps au sec. Un peu excentré du quartier des entrepôts, je n’aurai jamais réussi à le trouver si je n’avais pas préparé en amont ma journée. Ce moment fut absolument divin !
L’intérieur de la boutique fait la part belle au bois et aux plantes locales. L’aménagement est simple mais on se sent terriblement bien dès les premiers instants. J’ai commandé un jus glacé de mandarine locale avec une part de gâteau au chocolat à la fraise. Lorsque ma commande est arrivée, j’ai eu le plaisir de découvrir que le jus était servi dans la mandarine entière. C’est un sans faute : une pépite à ne manquer sous aucun prétexte si vous passez à Matsuzaki (bien plus incontournable que le quartier des entrepôts) !

3 – La côte de Dogashima
Le ciel semblait se dégager sur la fin d’après-midi. Je suis donc retourné vers mon hôtel à Dogashima pour tenter une balade en front de mer. Comme vous pouvez le voir sur les photos ci-dessous, la lumière du soleil couchant qui se reflétait sur les falaises était absolument splendide. Mais j’en prenais aussi plein les yeux au sens propre. En effet, le vent était tellement fort qu’il soulevait des brassées de grains de sable dans les airs. C’est juste un cauchemar quand on fait de la photo, car la silice raye les optiques des objectifs. Je me suis donc mis dos au vent autant que possible pour protéger la lentille de mon appareil.
J’ai trouvé que cette portion de la côte est la plus belle de la journée. Les falaises abrutes et la force des vagues dégageaient une sensation de puissance. La paysage est resté assez sauvage et peu urbanisé, on respire ! J’aurai bien aimé faire le circuit en bateau, puis accéder à la grotte de Dogashima, mais les rotations étaient stoppées pour raisons de sécurité. Cela se comprend parfaitement vu la houle !



4 – Séjourner dans la région
J’avais prévu de dormir à Dogashima, ce fut un excellent choix ! Je me suis fait plaisir en réservant une chambre à l’hôtel Il Azzurri, qui dispose d’un balcon filant et d’un bain privatif qui donnent face à la mer. La chambre est aussi grande que la moitié de mon appartement, et d’un confort olympien. Côté repas, j’avais réservé le buffet italien du soir qui était délicieux. Je n’ai même pas pu tout tester tant la carte était variée. Je ne regrette vraiment pas pour deux raisons. D’abord, après 3 semaines de voyage au Japon, c’était très réconfortant de retrouver des saveurs plus familières. Ensuite, le cadre était feutré, avec un service parfait, et pour un prix inférieur à un ryokan qui propose parfois des menus qui ne sont pas à mon goût. Un sans faute que je vous recommande les yeux fermés.



La journée se termine dans le onsen intérieur de l’hôtel pendant que la tempête fait rage dehors. Cet article est loin de vous montrer tous les lieux d’intérêts de la côte Ouest d’Izu, notamment les randonnées autour de Dogashima, mais la météo a eu raison de moi. J’ai finalement passé une journée plus courte que prévue, mais loin d’être inintéressante. J’ai surtout pu davantage profiter des bains et de la vue sur l’océan depuis l’hôtel, ce qui aurait été plus speed avec mon programme initial. Il y a toujours quelque chose de bon à prendre !


