Dans un précédent article, je vous avais parlé de ma déception lors de ma visite de la ville de Fujiyoshida sur le flanc Est de Fujisan. Cette fois-ci, je me donne une nouvelle chance en partant explorer le flanc Ouest de la montagne sacrée. Direction la petite bourgade Fujinomiya, pour visiter un musée qui me donnait envie depuis très longtemps. Je vous emmène derrière les portes d’un espace splendide : le centre UNESCO dédié au mont Fuji 🗻.
Sommaire
1 – Venir à Fujinomiya
Sur ce séjour, je n’ai consacré que peu de temps à la visite de Fujinomiya qui ne constituait qu’une simple étape entre Nagoya et Tokyo. J’avais jusqu’à présent assez peu exploré la préfecture de Shizuoka, me contentant de la traverser d’une traite en shinkansen. Cette fois-ci, je voulais m’arrêter pour découvrir le musée UNESCO du mont Fuji que j’avais repéré par hasard sur un post instagram. J’espérais aussi voir Fujisan en bonus, si la météo jouait de mon côté.
Pour rejoindre Fujinomiya, que ce soit depuis Tokyo ou Nagoya, vous avez deux options principales :
- 🚅 la plus rapide (mais aussi la plus chère) qui consiste à monter dans un shinkansen jusqu’à la gare de Shin-Fuji, puis dans un train local jusqu’à Fujinomiya. Cela vous prendra environ 2h30 pour arriver à destination, contre un peu plus de 6 000 yens.
- 🚂 pour économiser, vous avez la possibilité de prendre des trains classiques JR, avec un changement en gare de Fuji. Vous gagnerez 30% minimum sur le tarif mais il faudra compter 1h de plus en transports au minimum.

2 – Se loger à Fujinomiya
L’offre en logements n’est pas énorme dans le centre. La ville n’est en effet pas vraiment tournée vers le tourisme, c’est avant tout un lieu de passage qui n’accueille que peu de monde. Je réserve souvent des hôtels en voyage, très peu d’auberges de jeunesse, mais je me suis laisser tenté exceptionnellement par l’auberge Cabin House Yado Fujinomiya. Elle est située sur la rue principale, à seulement 500 m de mon fameux musée, le Mt. Fuji World Heritage Center, et avec plusieurs restaurants à proximité. Bien que basée sur un concept de « cabine », l’auberge propose en réalité des chambres totalement normales disposées en enfilade. On se tient debout sans soucis, et on ferme l’espace avec le couloir par un rideau occultant. J’avais un vrai lit tout confort. L’espace nuit et les communs étaient très classes, propres et calmes. Et tout ça pour la modique somme de 25 € la nuit. Le rapport qualité/prix est juste hallucinant, et surtout, j’ai dormi comme un bébé ! Si j’avais su à quel point c’était confortable, j’aurai réservé plusieurs nuits pour économiser sur mon budget. C’est donc un excellent plan pour rayonner ensuite dans la région 😎.



Pour le repas du soir, j’ai fait au plus simple en allant dans un restaurant familial de nouilles udon, situé pile en face l’entrée de l’auberge : Marugame Seimen Fujinomiya. Ce n’était pas le restaurant du siècle (équivalent Flunch), mais c’était largement meilleur qu’un plat acheté en konbini. Comme le restaurant est très abordable (j’en ai eu pour moins de 1000 yens), et que les portions sont copieuses, de nombreux voyageurs de l’auberge en ont fait leur cantine. J’ai ainsi pu sympathiser avec une Canadienne qui était en voyage solo au Japon pour deux mois. On a bien papoté et on s’est échangé quelques bonnes adresses. C’était très sympa !


3 – Visite du Mt. Fuji World Heritage Center : un incontournable
3.1 – Une architecture remarquable
Première claque dès le parvis extérieur : l’architecture du musée est juste incroyable ! Son créateur, l’architecte Shigeru Ban, a imaginé une façade représentant un cône de bois inversé, qui se reflète dans un bassin d’eau. Ce n’est qu’en observant le reflet à la surface que le mont Fuji apparaît dans son sens naturel. Il a voulu jouer avec la notion de symétrie parfaite du volcan, mais cette fois-ci sur un plan horizontal. Vraiment, le résultat est superbe ! Je sui resté un bon moment à photographier l’extérieur, et j’y suis même retourné à la fraîche le lendemain matin pour profiter d’une météo plus favorable avec un grand soleil, et sans le moindre nuage devant Fujisan.
Un immense torii relié au sanctuaire Fujisan Hongu Sengen-taisha tout proche est également implanté devant le musée. Autant dire que c’est un magnifique terrain de chasse pour les photos, de jour comme de nuit !




3.2 – Une visite très immersive
Première surprise en entrant dans le musée : les espaces sont majoritairement plongés dans le noir ou dans une forte pénombre. Le parcours nous invite à emprunter une rampe en spirale qui fait le tour de tout le bâtiment. Ce circuit en pente douce simule en réalité une ascension du mont Fuji à pieds. Le long des parois, des vidéos sont projetées sur les murs pour nous montrer les paysages à voir à travers les différentes stations et refuges installés le long du sentier. On commence donc par traverser les forêts de la base du volcan, avant d’arriver aux pentes minérales en altitude, pour finir au sommet du mont, où est projeté un film au lever de soleil. On avance à son rythme, calmement, avec une bonne immersion. Le concept est bien trouvé car il permet à tout le monde de « vivre » cette ascension mythique, y compris les personnes qui n’ont pas l’envie ou la capacité physique pour entreprendre la vraie randonnée.
3.3 – La terrasse à ne pas manquer
Une fois arrivé tout en haut du bâtiment, on retrouve la lumière dans un bel espace vitré qui se prolonge sur une terrasse extérieure, installée pile dans l’axe du mont Fuji. Même si les nuages le masquaient en partie ce jour-là, la vue reste grandiose. Je suis resté une bonne demi-heure à observer le volcan tout en regardant le ballet des nuages. Comme ils étaient visiblement installés pour la journée, je me suis décidé à poursuivre la visite à l’intérieur pour y revenir le soir juste avant la fermeture afin de bénéficier des lumières du soleil couchant.

3.4 – L’espace exposition
Les salles d’exposition sont donc organisées du haut vers le rez-de-chaussée. Regroupées de façon thématique, elles abordent un aspect différent du mont : faune et flore, importance du mont Fuji dans l’art japonais, rites et mythes, tradition des pèlerinages, géologie… C’est complet, mais sans être trop dense pour autant : de quoi découvrir l’essentiel de ce qu’il faut savoir sans finir ennuyé ou noyé sous trop d’informations. Un équilibre parfait je trouve ! Je suis resté environ une heure dans cette zone.
4 – Le sanctuaire Fujisan Hongu Sengen Taisha
Comme je vous l’ai déjà dit, je suis arrivé un peu tard et je n’ai eu que peu de temps avant que tout ne ferme à 17h. On était début décembre et la nuit tombait aussi très vite, ce qui n’arrangeait rien. En quittant le centre, j’ai donc fait un passage express au sanctuaire Fujisan Hongu Sengen Taisha, situé juste à côté. Ce sanctuaire est dédié à la princesse Konohana no Sakuya qui est le kami du mont Fuji. Avant d’entreprendre l’ascension, les pèlerins viennent se purifier dans l’étang Wakutama, qui est une source sacrée dont l’eau provient directement des pentes du mont. Le site est plutôt modeste et discret par rapport à d’autres sanctuaires, ce n’est pas un indispensable selon moi, sauf si vous êtes attachés à sa symbolique. Désolé pour la piètre qualité des photos, j’ai fait ce que j’ai pu.


Pour conclure, au-delà de ce superbe musée, des belles vues sur le mont Fuji et d’un hébergement très sympa, je retiens une chose : pas de surtourisme ici ! La ville est très calme, bien loin de l’agitation et du « m’as-tu-vu » de la trop courue Fujiyoshida. Je vous recommande donc sans hésiter de venir poser vos valises ici. La localisation est idéale pour visiter ensuite les lacs du mont Fuji. Je vous en parle très vite dans un prochain article !



