Les gorges de Dorokyo, structure géologique dans les montagnes de Wakayama

Les gorges de Dorokyo

Fatigués de marcher sur les sentiers de pèlerinage de Kumano kodo ? Alors pourquoi ne pas embarquer en bateau pour découvrir les gorges de Dorokyo, en plein cœur des monts de Wakayama ? Une visite de carte postale dont les coulisses m’ont laissé sur ma faim.

 

Les gorges de Dorokyo en pratique

J’avais espéré beaucoup de cette découverte des gorges de Dorokyo que j’avais repérées à plusieurs reprises dans des brochures touristiques sur le parc national de Yoshino-Kumano. Elles sont avant tout connues pour avoir servi à transporter le bois local via de grands radeaux de troncs reliés entre eux. Aujourd’hui, l’activité touristique a pris le pas sur ce mode de navigation historique, et on y vient pour découvrir la beauté géologique des gorges.

Beauté géologique des gorges de Dorokyo, proches de Shingu

Dans cette région montagneuse, on a privilégié la voiture pour rejoindre l’embarcadère mais il existe également des lignes de bus qui permettent de s’y rendre si on n’est pas véhiculé. Il faudra simplement bien vérifier à l’avance la concordance entre les horaires des transports en commun et ceux des départs de la navette (environ 1 passage par heure chacun). Autre petit conseil : jetez un œil aux prévisions météo car la balade n’aura vraiment aucun intérêt sous la pluie.

Après avoir acheté nos billets (3 500 yens par personne pour l’aller-retour), nous avons patienté dans la grande boutique-souvenirs attenante au guichet, et notre portefeuille s’est délesté de nouvelles poignées de billets 😅. Impossible de résister à toutes ces spécialités locales et autres douceurs qui nous tendaient les bras. Il fallait bien goûter et tuer le temps avant l’excursion ! On s’est fait piéger, mais sans regrets car tous les produits que nous avons trouvé ici étaient excellents. Parmi les petites pépites : ce saké qui reprend le visuel de la cascade de Nachi (j’avoue l’avoir acheté uniquement pour le packaging !) et les daifukus à la mandarine (mikan) qui n’ont pas fait long feu.

 

De l’embarcadère aux gorges

Le moment du départ est enfin confirmé et nous descendons au niveau du lit de la rivière Kitayama pour monter à bord d’un hydrojet. Ce bateau à fond plat est le seul moyen de navigation envisageable dans la région car les cours d’eau sont larges mais très peu profonds. Les roches charriées par la rivière lors des typhons et durant la période des pluies de juin dessinent des méandres en perpétuel mouvement, ce qui oblige le pilote à parfaitement connaître le secteur sous peine de finir échoué en cours de route. On rejoint donc nos places en s’installant dans de vieux sièges en simili-cuir hors d’âge. Pas de doutes, ce circuit aller-retour d’environ 2h allait être pittoresque !

Notre hydrojet a alors amorcé son circuit en remontant la rivière à contre-courant. Les informations diffusées par les haut-parleurs n’étaient malheureusement données qu’en japonais, ce qui ne nous a pas permis d’en apprendre beaucoup plus. C’était assez agréable d’être assis au niveau de l’eau. Le point de vue dégagé offrant de belles perspectives sur les montagnes alentour dont certaines étaient parsemées des teintes pastelles de cerisiers sauvages en fleurs. Hormis quelques curiosités, le tronçon avant d’arriver aux gorges était long et finalement assez monotone. Il représente quand même près de 80% du trajet et n’a, à mon sens, pas forcément plus d’intérêt que les paysages que l’on peut voir depuis la route, en bus ou voiture.

Cerisiers en fleurs dans les montagnes de Wakayama

 

Le spectacle, enfin !

L’entrée des gorges pointait enfin le bout de son nez. Notre capitaine ralentit légèrement la cadence et ouvrit le toit du bateau. Nouvelle petite déception car les vitres latérales restèrent en place en continuant de nous gêner pour profiter du panorama. Il fallait se mettre debout en tenant son appareil au-dessus de la tête pour espérer prendre une photo correcte. Pas évident, et certainement un cauchemar en pleine saison quand le bateau est complet (ce qui était loin d’être notre cas sur ce trajet). Au final, j’abandonne assez vite l’option photo pour contempler autant que possible le spectacle depuis mon siège, frustré d’avoir ces panneaux de verre et de métal devant les yeux.

Bien que courte (à peine 600 mètres), la section visitable est vraiment superbe. Les falaises découpées gagnent très rapidement en hauteur et se resserrent autour de nous. Elles forment une belle jonction entre la forêt verdoyante qui la surplombe et les eaux turquoises du fond des gorges. Selon l’angle du soleil, les eaux changeaient de couleur et scintillaient comme des milliers de petits diamants. L’hydrojet nous dépose enfin sur une plage de galets pour une pause d’une vingtaine de minutes. Plutôt que de repartir avec le même équipage, on préfère attendre la navette suivante pour prendre le temps d’arpenter les alentours.

Le café-restaurant construit à flanc de montagne fermait déjà ses portes mais nous avions prévu de quoi manger. Ce midi, ce sera un bento tiré du sac, installés sur une table de pique-nique sous d’étonnants érables aux feuilles orange (en plein mois d’avril !). Et en guise de dessert, ce superbe point de vue accompagné… des daifukus à la mandarine !

Café restaurant aux gorges de Dorokyo (terminus)

 

Mon conseil pour une journée idéale
La visite des gorges de Dorokyo est à ne pas manquer mais si c’était à refaire, j’éviterai la balade en bateau (chère pour peu d’intérêt) pour arriver directement en voiture ou en bus au fond des gorges. Il n’y a pas vraiment de sentiers de randonnée qui permettent de se promener le long des falaises mais on voit la partie la plus impressionnante depuis la plage de galets sans se ruiner.

 

Une autre idée de balade à tester

En repartant en voiture, nous avons suivi la rivière Kumano, accompagnés cette fois-ci par des barques de pèlerins facilement reconnaissables avec leur chapeau en bambou tressé. Pour le coup, je pense que l’expérience doit être nettement plus intéressante. Le trajet est en revanche différent car il ne permet pas de visiter les gorges de Dorokyo. Le but ici est d’emprunter la rivière Kumano toute proche, en direction de la mer, comme le faisaient les pèlerins de Kumano kodo pour terminer leur périple au dernier sanctuaire de Hayatama Kumano taisha à Shingu.

 

Pour en savoir plus :

 

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6 commentaires sur “Les gorges de Dorokyo

  1. Mais quelle déception de découvrir ces gorges aujourd’hui, et donc d’être passée à côté sans même le savoir ! Bon, comme j’aime le dire : ça me donnera une bonne excuse pour revenir, certes, mais je suis quand même triste.

    Merci pour cette belle découverte en tout cas.

    En lisant l’article je me suis dit “hum le bateau est quand même vachement onéreux … je suis pas sûr que ça vaille le coût” et ta réponse va dans le sens de mon intuition. Si j’y vais, je suivrais donc ton conseil 🙂

    En attendant je mettrais un lien vers cet article lorsque je ferais mon article sur la préfecture de Wakayama, afin d’éviter à d’autres de passer à côté comme moi 😉

    À bientôt !

    1. Merci pour le commentaire ^^ ! Oui franchement la navette est chère et assez décevante (j’ai noté sur la carte en fin d’article les 2 points intéressants dans les gorges et c’est vraiment minime par rapport au point initial d’embarquement). A deux personnes, cela coûte quand même 7000 yens poir la navette aller/retour. Autant louer une voiture à la journée à ce tarif, avec la liberté de déplacement en plus. A plus !

  2. C’est vraiment rigolo car j’étais justement là il y a deux jours ! Sauf que je n’y suis pas vraiment allé pour les gorges, mais plutôt pour l’ancien hôtel rénové en resto en haut, et la petite ruine à côté au bout du pont 😉 Le coin est vraiment très sympa, après il faut sacrément être motivé pour aller jusque là !

    1. Excellent, toujours à la chasse de haikyo (ou presque) ! Un coin sympa comme tu dis, comme pas mal d’endroits sur Wakayama. Jamais à court d’idées pour rajouter de nouveaux points sur Jipangu 😉 !

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