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Une pause sous les cerisiers de Kawagoe

Située à 30 min à l’Ouest d’Ikebukuro, facilement accessible en train, Kawagoe est une destination idéale pour profiter du printemps loin de la foule tokyoïte. Avec son ancien quartier commerçant préservé, ses nombreux temples et sa rivière bordée de cerisiers, la ville a un charme fou ! Une journée entière n’est pas de trop pour l’explorer dans tous ses recoins.

 

Kawagoe, la « petite Edo » aux portes de Tokyo

Kawagoe est avant tout célèbre pour son centre historique préservé. La ville, centre d’approvisionnement majeur de Edo (rebaptisée Tokyo en 1868), a joué un rôle commercial très important durant le Japon féodal, puis plus tard au cours de l’ère Meiji, en acheminant de nombreuses marchandises jusqu’à la capitale via la rivière Shingashi. Par chance, elle a échappé au boom de la reconstruction d’après-guerre, ce qui lui a permis de conserver son image traditionnelle.style kurazukuri traditionnel kawagoe

Surnommée « la petite Edo », on trouve derrière cet argument touristique les mêmes travers que les milliers de « petites Venise » répertoriées en France : Colmar, Strasbourg, Annecy, Venise verte en Vendée… Oui, tous ces lieux sont très beaux mais ils ne ressemblent tout simplement pas à Venise, hormis le fait d’avoir un canal ! Pour Kawagoe, c’est exactement la même chose : j’ai simplement adoré la ville pour sa diversité et la forme qu’elle a aujourd’hui, impossible (et trompeur) de la restreindre à ce diminutif 😉.

 

Le secteur historique des entrepôts de marchands

L’architecture principale de Kawagoe est très particulière car elle a été conçue pour résister aux incendies, courants à l’époque, et affreusement dévastateurs. La population a en effet été durablement marquée par les grands incendies de Edo dont certains ont ravagé la ville à plus de 70%. Les bâtiments typiques de la rue principale sont des anciens entrepôts de marchands du style Kurazukuri. Tuiles épaisses vernissées, plâtre noir et volets épais coupe-feu leur donnent un petit air de forteresse vraiment unique. Au rez-de-chaussée, on trouve toujours une multitude de petits commerçants, davantage orientés aujourd’hui dans des spécialités culinaires toutes plus délicieuses les unes que les autres. Je vous en parlerai dans un prochain article car il y a vraiment trop de choses à manger à Kawagoe 😋.

maison traditionnelle kawagoe rue principale

La rue principale qui concentre les plus belles façades est très vivante avec toutes ses boutiques, je trouve juste un peu dommage qu’elle ne soit pas piétonnisée. Beaucoup de voitures sillonnent le quartier, et les locaux m’ont confié que le secteur était assez embouteillé le week-end, Kawagoe étant très réputée auprès des Japonais. Je suis donc bien content d’avoir programmé cette visite un lundi ! Heureusement, de nombreuses ruelles latérales bien plus calmes permettent de retrouver une atmosphère agréable sans circulation, notamment autour de l’horloge en bois « Toki no kane ». Comme toujours, on fait les meilleures découvertes en se perdant un petit peu.

 

Le temple Kita-in : une merveille au printemps

Ce temple restera l’un de mes coups de cœur de ce voyage au printemps ! On est d’abord accueillis par une esplanade de cerisiers bordée de yatai, des vendeurs ambulants installés en période de matsuri et de hanami. Baignée dans un beau soleil proche du zénith, la place donnait juste envie de se poser sous les sakuras pour profiter du spectacle qu’offraient les pétales blancs et les lanternes vives. Le lieu est superbe pour prendre des photos de cerisiers, surtout qu’il n’y avait pas foule contrairement à ce qu’on avait pu vivre la veille au parc Ueno à Tokyo.

Le temple Kita-in bénéficie d’une forte notoriété car il était placé sous le protectorat de Tokugawa Ieyasu. Après un incendie en 1638, le shogun a proclamé sa reconstruction à partir de bâtiments provenant de l’ancien château d’Edo qui ont été démontés puis reconstruits ici à Kawagoe. Ce sont d’ailleurs les derniers témoignages du château d’Edo, ravagé en partie par le tremblement de terre du Kanto de 1923 et détruit par la suite par les bombardements de la seconde guerre mondiale.

Mon petit plaisir : marcher en chaussettes sur les planches de bois chauffées par le soleil, et admirer le jardin… qu’est-ce qu’on était bien ! Les deux principaux cerisiers s’intègrent parfaitement dans le paysage, et mon petit doigt me dit qu’une visite à l’automne doit également être de toute beauté car de nombreux érables japonais sont plantés aux alentours du pont rouge.

Mon conseil photo
Se poser dans un temple pour s’imprégner des lieux est essentiel. C’est aussi l’occasion de laisser son œil divaguer, repérer des spots photos intéressants, et attendre que les visiteurs de passage s’insèrent dans le décor pour saisir « un instant ». C’est ce que j’ai fait pour la photo précédente avec ce visiteur qui admire le cerisier, seul, et qui résume tout à fait mon sentiment au moment de ma visite.

Le billet du temple est également combiné avec un espace un peu caché, situé à côté de la boutique souvenir. L’enceinte regroupe plus de 500 statues de rakan (moines bouddhistes qui ont atteint un certain niveau d’éveil), chacune étant sculptée dans une posture différente. N’oubliez donc pas d’y faire un tour après avoir rechaussé vos baskets.

Juste à côté, on trouve également le temple Naka-in qui avait quelques cerisiers assez incroyables ! Je ne pense pas que la visite vaille le coup à une autre période de l’année sauf si vous être vraiment passionnés par les temples.

 

Sanctuaire Hikawa : le plus photogénique de Kawagoe !

C’est simple, tout est ultra mignon dans ce sanctuaire. La visite démarre par un petit sentier sur la droite, au pied d’un arbre sacré entouré par une corde tressée. Le chemin contourne le temple et débouche sur un tunnel d’ema, ces plaquettes en bois sur lesquelles on écrit un vœu : atypique et très beau ! Évidemment tout le monde voulait prendre sa photo sous le tunnel et je vous recommande d’arriver pile à l’ouverture ou de rester le soir à la fermeture pour avoir un cliché sans visiteurs dessus.

tunnel ema sanctuaire hikawa shinto kawagoe

La zone devant le pavillon principal est quant à elle occupée par des bacs en bois remplis d’adorables petits poissons rouges et roses qui contiennent des prédictions (omikuji) pour l’amour et la bonne aventure. Chacun doit alors s’armer d’une canne à pêche pour récupérer un poisson, lire sa prédiction (en japonais), et découvrir ce que le destin a prévu. Bon, ce n’était pas fou me concernant mais ce n’était pas non plus le désespoir, j’ai échappé au pire 😆 !

Le ciel commençant à se couvrir dangereusement, on ne s’est pas éternisés car je tenais absolument à profiter des cerisiers plantés le long de la rivière Shingashi qui enlace le sanctuaire Hikawa. Le gris du ciel et les premières gouttes de pluie ne rendaient pas hommage aux fleurs. Pourtant, elles étaient dignes de leurs cousines des parcs les plus réputés de Tokyo 🌸. Les rives étaient superbes malgré la météo et là encore, avec très peu de visiteurs et l’impression agréable d’avoir le printemps rien que pour nous. Certains jours, on peut même faire un tour en barque à fond plat pour admirer les pétales depuis la rivière (fermé le jour de notre visite, attention à bien vérifier les horaires avant votre passage). Pas de regrets car l’averse nous aurait fait renoncer à la balade.

cerisiers rivière shingashi kawagoe

zoom arbres symetrie japon

 

Le musée des chars du festival de Kawagoe

Que faire en attendant la fin de la pluie ? Se réfugier au sec dans un musée bien sûr ! Kawagoe est également célèbre au Japon pour son festival de chars qui a lieu tous les ans le 3ème week-end d’octobre. Classé au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, il attire… 1 million de visiteurs sur 2 jours !!! Le musée présente le festival à travers une vidéo, puis expose en alternance les chars monumentaux qui sont aujourd’hui encore utilisés durant le matsuri.

Les habitants de chaque quartier de Kawagoe disposent de leur propre char qu’ils font déambuler dans les rues. Lorsqu’ils rencontrent le char d’un quartier adverse, ils se livrent à une joute musicale sous les cris d’encouragements des spectateurs. L’ambiance et la ferveur autour de l’événement ont l’air complètement fous, notamment à la tombée de la nuit quand toutes les lanternes sont illuminées. Le musée se visite assez vite car il y a peu de traductions en anglais, mais il est suffisamment visuel pour rester intéressant. Je me garde tout ça en tête en espérant revenir un jour pendant cette période de fête.

 

Maison Yamazaki : quand l’occident s’invite au Japon

Vous pensiez en avoir fini avec Kawagoe ? Eh bien non, il y a encore une multitude de petits musées et bâtiments anciens ouverts au public comme la maison Yamazaki, construite en 1925 par un riche marchand du cru. Typique de l’ère Taisho, la construction mêle techniques traditionnelles et style occidental. Le mariage est une belle réussite avec un jardin zen, une maison de thé, des salles avec tatamis mais aussi des pièces aménagées comme des bureaux ou des salons de thé à l’anglaise. Ce n’est pas un lieu indispensable à voir si vous passez peu de temps à Kawagoe, mais à seulement 100 yens l’entrée, il ne faut pas se priver de découvrir cette tendance déco début 1900’s qui a inspiré l’univers de certains films de Miyazaki. Ma salle préférée ? Celle qui donne sur la véranda et le jardin bien entendu !

 

Fin de la journée, un grand merci à l’office de tourisme de la ville qui m’a accompagné dans cette découverte ! En résumé, Kawagoe est une étape idéale pour une excursion à la journée en dehors de la capitale, à privilégier en semaine pour profiter du calme des lieux. Mon prochain article vous présentera les spécialités culinaires de la ville qui méritent à elles seules le voyage !

 

Pour en savoir plus :

 

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