Kinosaki onsen : l’art du bain sous les cerisiers

Une étape dans des sources chaudes naturelles, les « onsens », reste incontournable lorsque l’on découvre le Japon. On a l’embarras du choix puisque le pays compte pas moins de 3000 établissements en activité répartis sur tout le territoire : merci le volcanisme ! J’ai trouvé un peu par hasard une petite perle abandonnée des grands circuits touristiques qui correspondait tout fait à mes attentes : bienvenue à Kinosaki onsen.

Une escapade méconnue à 2h30 de Kyoto

Kinosaki onsen est facilement accessible depuis Kyoto ou même Osaka via une ligne régionale Limited express Konotori 5 (couverte par le JR pass). Je suis encore resté le nez collé à la vitre pendant tout le trajet pour prendre ma dose de verdure, on traverse en effet de grandes plaines agricoles ponctuées de petits villages : enfin la campagne, bye bye la mégalopole !

Arrivés sur place, j’ai prévenu le ryokan depuis le bureau d’informations situé en face de la gare, et un service voiturier est venu nous chercher avec une petite navette (la grande classe, on y prendrait vite goût😎 !). Après avoir déposé les bagages, nous sommes repartis illico en ville pour nous promener le long de la rivière : c’était vraiment reposant de déambuler sans croiser une horde de piétons ou de voitures, une vraie coupure. Je suis vite tombé sous le charme de cette petite bourgade, de son canal central bordé de saules pleureurs et par les magnifiques cerisiers en fleurs. J’ai donc commencé le séjour avec une excellente première impression. Ici, on a vraiment le sentiment de vivre à un autre rythme, de couper avec l’agitation de la grande ville, de prendre plus le temps et d’être moins sollicité par l’environnement qui nous entoure. Voilà qui s’annonce bien pour la suite !

Kinosaki onsen est une ville thermale réputée pour ses onsens. Japan kudasai vous emmène à la découvert de ces sources chaudes au milieu du canalm central de la ville et des sakura, cerisiers en fleurs.

Au programme de l’après-midi : crabes et onsens !

Parce que l’appétit vient en marchant, je me suis arrêté net devant ce qui ressemblait à un marché aux poissons. Au rez-de-chaussée, il n’y avait plus grand chose à voir car les vendeurs rangeaient les quelques invendus du matin. Mais à l’étage, le restaurant était en pleine effervescence, quasiment complet… et pour cause, il propose des plats avec les produits pêchés du matin (et donc vendus en partie par la poissonnerie du rez-de-chaussée) ! J’ai commandé sans hésité une salade de crabe matsuba en entrée (crabe des neiges), spécialité locale uniquement pêchée de novembre à mars dans la mer intérieure à quelques kilomètres de Kinosaki onsen. Les morceaux étaient juste énormes (plus de 10 cm de long à vue de nez), très parfumés et super fondants. J’étais presque déçu d’avoir choisi un plat principal car j’en aurais bien repris une assiette 😋… déception vite levée devant la qualité du menu, et le niveau de fraîcheur qui vaut franchement ce que j’ai pu goûter à Tsukiji, avec un tarif abordable en plus vu la qualité (entre 1500 et 2000 yens le déjeuner).

Crabe des neiges, crabe matsuba, spécialité culinaire de kinosaki onsen, à déguster l'hiver de novembre à mars.
Marché au rez-de-chaussée, resto au 1er étage !

Une fois le repas terminé, hop, re balade le long du canal, re balade sous les cerisiers… elle est pas belle la vie ?

Kinosaki onsen est une ville thermale réputée pour ses onsens. Japan kudasai vous emmène à la découvert de ces sources chaudes au milieu du canalm central de la ville et des sakura, cerisiers en fleurs.

De retour au ryokan, on récupère un yukata, un sac contenant les serviettes à utiliser dans les onsens et surtout un pass qui permet un accès illimité jusqu’au lendemain midi aux 7 bains que compte la ville. Il faisait malheureusement trop froid en ce début avril pour se promener dans la rue en yukata, ça aurait été la cerise sur le gâteau pour se sentir dans un autre monde.

J’ai vraiment pris mon temps et je n’aurais au final testé que deux onsens. D’abord le Yanagi-yu, bâtiment tout en bois et en pierre qui dispose d’un grand bassin intérieur. Puis le superbe Gosho-no-yu, que je vous recommande absolument, j’y suis resté presque 2 heures entières ! On y trouve de beaux rotenburos en terrasse (bassins extérieurs), un bassin intérieur et un grand banc en pierre avec de l’eau qui s’écoule sur le dossier des épaules aux chevilles. C’était tellement relaxant que j’aurais pu m’endormir ! Mais au lieu de ça, je me suis fait accosté par un japonais avec qui j’ai discuté une bonne vingtaine de minutes en espagnol sur mon voyage (il travaillait en partie au Mexique). Un pur moment de détente… tous nus… complètement surréaliste, j’en garde un excellent souvenir !

J’ai tellement adoré ce onsen que j’y suis retourné le lendemain matin et coup de chance, il n’y avait personne… j’ai donc fait un rapide aller-retour depuis les vestiaires pour ramener 4 photos volées avec le smartphone de l’intérieur des bassins en mode commando 🤐.

Kinosaki onsen est une ville thermale réputée pour ses onsens. Japan kudasai vous emmène à la découvert de ces sources chaudes au milieu du canalm central de la ville et des sakura, cerisiers en fleurs.
Intérieur du onsen Gosho-no-yu
Kinosaki onsen est une ville thermale réputée pour ses onsens. Japan kudasai vous emmène à la découvert de ces sources chaudes au milieu du canalm central de la ville et des sakura, cerisiers en fleurs.
Rotenburo extérieur

Petit guide des bonnes pratiques au onsen

Pour ne pas faire d’impairs, il y a quelques règles simples à respecter lorsque l’on va dans un onsen. C’est à connaître mais comme souvent, le meilleur apprentissage se fait sur le terrain en regardant comment les habitués se comportent (en veillant à rester discret pour ne pas gêner les gens tout de même).

Règle n° 1 : le seul bout de tissu autorisé est une minuscule et ridicule petite serviette.

Inutile d’essayer d’en faire un paréo ou de se la passer autour de la taille, c’est techniquement im-pos-si-ble. Au mieux, on arrive à se recouvrir la hanche et un bout de fesse. Pas de maillot de bain, ni de sous-vêtement, mais nu comme un ver à la sortie des vestiaires ! La serviette permet néanmoins de dissimuler ses parties intimes lorsque l’on gambade d’un pas (fort assuré) vers le bassin. Un peu pudique, je souris aujourd’hui en repensant à mes premières appréhensions, finalement très vite dissipées. En réalité, les japonais se fichent royalement de vous voir en tenue d’Adam. Il n’y a pas de voyeurisme, pas de sentiment de jugement, et je me suis senti très vite à l’aise après quelques bains.

Règle n° 2 : se laver avant d’entrer dans l’eau.

Une fois déshabillé, on passe systématiquement par une zone qui comporte une douchette, un petit tabouret et tout le nécessaire pour faire sa toilette (shampoing, gel douche, parfois même rasoir jetable). Cela permet de se nettoyer mais aussi de s’habituer petit à petit à la température de l’eau. Pour cela, on peut remplir une petite bassine d’eau chaude puis se la verser d’un coup sur la tête pour s’acclimater à la chaleur.

Kinosaki onsen est une ville thermale réputée pour ses onsens. Japan kudasai vous emmène à la découvert de ces sources chaudes au milieu du canalm central de la ville et des sakura, cerisiers en fleurs.

Règle n° 3 : interdiction de courir et de sauter dans l’eau.

Question de politesse (on n’est pas dans une piscine mais dans un espace de détente) mais aussi de sécurité à mon avis (risque de finir grillé comme une écrevisse en arrivant d’un bloc dans le bassin). Il vaut mieux procéder par étapes en commençant doucement par les jambes, pour s’immerger ensuite graduellement jusqu’aux épaules.

Règle n° 4 : profiter !

Pour finir… Kinosaki onsen by night !

Les photos se passent de commentaires : je ne regrette vraiment pas d’avoir fait un tour à la nuit tombée !

Kinosaki onsen est une ville thermale réputée pour ses onsens. Japan kudasai vous emmène à la découvert de ces sources chaudes au milieu du canalm central de la ville et des sakura, cerisiers en fleurs.

Kinosaki onsen est une ville thermale réputée pour ses onsens. Japan kudasai vous emmène à la découvert de ces sources chaudes au milieu du canal central de la ville et des sakura, cerisiers en fleurs.

 

Je suis plus que jamais décidé à revenir ici pour tester les autres bains mais aussi découvrir le temple onsen-ji (dédié au onsen bien sûr !) et grimper en téléphérique sur les sommets environnants pour profiter de la vue sur la région. La description du séjour se poursuivra dans un prochain article où je vous présenterai le ryokan Nishimuraya Honkan dans lequel j’ai séjourné.

Si vous êtes un peu réticent à l’idée d’aller dans un onsen, j’espère que mon passage à Kinosaki onsen vous fera sauter le pas. Alors, convaincus ?

Pour en savoir plus :

Site officiel de Kinosaki onsen traduit en français : http://www.visitkinosaki.com/fr

Article très complet d’un Gaijin au Japon : http://www.gaijinjapan.org/onsen-japon/. Ne pas louper la petite plaquette super bien dessinée par l’amie Joranne sur les trucs à faire / à ne pas faire dans les onsens.

Carte avec tout ce qu’il faut :

5 commentaires sur “Kinosaki onsen : l’art du bain sous les cerisiers

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